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 # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]

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Ludmila W. Ivanov
~ Fameuse Psychologue ~
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Localisation : New-York

MessageSujet: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 2:01

    - Mars 2013 –

    Le temps passe si vite.

    Quatre ans déjà, que mon cœur ne bat que pour toi, mon Amour. Quatre ans, que je ne passe pas une seconde, sans songer à toi, à notre vie passée, comme future. Edan grandit si vite. Je réalise parfois – comme si je n’avais jamais réellement ouvert les yeux auparavant – que je ne pourrais vivre sans vous, tant je vous aime. Bien qu’ayant consciente de ma probable difficulté à vous quitter pour retourner travailler, je ne m’étais finalement pas rendu compte de l’ampleur des conséquences que cela auraient sur moi, sur mon moral – auparavant si fort. Deux semaines déjà qu’Ella a retrouvé la Russie, laissant ce vide étrange derrière elle, ce calme soudain. Deux semaines, qui représentent également mon retour à l’université, quelques longues heures pas semaines. Mes cours ont repris, attirant une foule d’étudiants, plus ou moins sérieux. Certains ne sont visiblement là que pour me rencontrer – avides de connaissances quant à notre vie privée, notre enfant. D’autres quant à eux préfèrent se concentrer sur ce que je peux leur apporter, professionnellement parlant. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle vie de professeur ne m’a jamais parue si ennuyeuse. J’imagine que cela est normale, oui.

    Je vous sais à la maison, mes Trésors.
    Je vous sais en sécurité, mais crève de ne pas pouvoir partager ces instants, à vos côtés.
    Sans doute ceci ne fait finalement que commencer, tandis que mon rythme de travail ne fera que s’accroître, au fil du temps. Il me faudra m’y faire : Tu resteras avec notre fils, tandis que je serai contrainte de travailler en dehors de notre appartement.

    ~

    Les jours passant à une vitesse folle, Ludmila se trouvait donc - ces derniers jours – quelque peu démoralisée par la reprise de ses cours à l’université de New-York. Souffrant bien évidemment d’avoir à laisser leur petit garçon – dont elle ne voulait manquer absolument aucune évolution – la jeune femme ne pouvait donc s’empêcher de culpabiliser à l’idée de devoir sortir plusieurs fois par semaines, et ce pour de bien trop longues heures. Craignant de voir Edan lui en vouloir – inconsciemment – tandis que Dominura elle-même restait toute la journée auprès de lui, Ludmila partait donc chaque jour avec appréhension et angoisse, n’ayant par ailleurs aucune envie d’être confronté à une bande de jeunes individus plus incultes et idiots les uns que les autres. Oh certes, il y avait bien quelques exceptions. Mais était-ce réellement pour la soulager ? Ludmila ne reprenait ce rôle d’enseignante qu’afin de renflouer ses comptes, en attendant de concrétiser un projet qui lui tenait bien plus à cœur, et auquel elle réfléchissait depuis déjà bien des mois.

    Ne travaillant pas ce jour-ci, la jeune femme était donc en charge de prendre soin du petit Edan, tandis que Dominura quant à elle était déjà partie à son rendez-vous psychologique hebdomadaire. En avait-elle encore besoin ? Ludmila n’en était plus si sûre. Ou bien, oui ? Pour tout dire, la jeune Russe commençait à douter très sérieusement des compétences du psychiatre qui suivait sa compagne, la voyant sombrer à nouveau dans un cercle vicieux relativement malsain. Tout allait pourtant bien mieux, il y a quelques semaines. Tout allait mieux, lorsque les deux jeunes femmes étaient finalement parvenues à se parler, à faire des efforts, d’un côté comme de l’autre. Mais finalement, ce bonheur nouveau n’avait pas tardé à tourner à nouveau au vinaigre, Dominura se tournant ces derniers temps dans une nostalgie qui n’était pas réellement pour plaire à sa compagne.

    En effet, la charmante Russe n’avait pu que se rendre compte du fait que - depuis quelques semaines – Dominura se replongeait dans des souvenirs passés, et plutôt sombres – puisqu’ils concernaient son défunt fils, Edouard. Remarquant la présence de photographies du petit garçon dans le salon et l’atelier en particulier, la jolie blonde n’avait pas manqué de faire remarquer à sa compagne qu’elle préférait ne pas la voir laisser ainsi ces souvenirs prendre trop de place dans leur appartement, et ce bien qu’elle comprenait – malgré tout – les troubles qui pouvaient à présent lui traverser l’esprit.

    Edouard te manque, n’est-ce pas ? Je sais, que voir grandir ainsi notre fils ne peut que te rappeler la propre évolution de ton premier enfant. Je sais, que rien de tout cela ne doit être évident pour toi, Trésor. Mais nous savons l’une comme l’autre que la présence d’Edan n’a pas pour but de remplacer celle d’Edouard, n’est-ce pas ? Disposer ces photos, te renfermer dans cet obscure passé, ne peut que t’être néfaste. Je ne supporte pas, de te voir ainsi, regardant l’image de cet enfant disparu – et ce bien que je n’ai absolument rien contre lui. Ca n’est simplement pas bon pour toi – Le comprendras-tu ?

    J’ose espérer que ton psychiatre approuvera mes craintes,
    Et m’aidera à te faire comprendre, que tu ne peux pas continuer ainsi.

    ~

    S’étant chargée de donner un bain à leur petit garçon – Dominura lui ayant donné à manger avant de quitter l’appartement – Ludmila n’avait donc pas manqué ce matin-ci de profiter de chaque instant avec lui. Incroyablement surprise et ravie des progrès du petit – jour après jour – la jeune Russe l’avait finalement installé sur le lit qu’elle partageait avec sa compagne, restant assise en tailleur sur ce dernier, tandis qu’elle s’amusait – tout autant que le petit – à maintenir ce dernier debout sur ses jambes. Ne se lassant évidemment pas de le faire rire, la jeune mère le faisait parfois décoller avec amusement, jusqu’à finalement l’installer assis entre des coussins, conversant avec lui – non sans être quelque peu abrutie par son propre attendrissement face à lui :

    - Tu sais que maman va bientôt rentrer ? Tu es aussi impatient que moi, n’est-ce pas mon ange ?

    N’était-il pas important – à cet âge – d’entrainer au maximum les enfants à converser ? Evidemment, Edan ne pouvait clairement lui répondre. Pourtant, ses babillements, ses gestes et ses sourires ne pouvaient qu’encourager la jeune femme à continuer, cette dernière restant donc ainsi très présente auprès de lui, et ce jusqu’à l’heure du probable retour de sa belle. Bientôt, Ludmila tenta même de faire répéter quelques syllabes au petit, chose qui semblait néanmoins encore quelque peu compliqué.

    -

    Rentres-tu bientôt, mon Amour ?
    J’ai hâte de passer cette journée, avec vous.
    Peut-être pourrions-nous aller au parc ?

    Edan a besoin de sentir l’air frais,
    De découvrir davantage le monde extérieur.

    Et j’ai besoin de te retrouver,
    Dans un contexte différent.

    Nos sorties me manquent, bien qu’elles se fassent plus régulières, ces dernières semaines.

    Mais ne doute pas malgré tout,
    Que je sois la femme la plus heureuse,
    Auprès des êtres les plus parfaits qu’il soit.

    Mes Trésors. ♥

_________________

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Dominura Romley
~ Illustratrice Renomée ~
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 13:07

    - [ Mars 2013 ] -


    ~ En cette jolie journée de printemps, la grande femme s'était levée d'une humeur contestable, plutôt contrariée par ses élans intérieurs, ces derniers temps. Bien que son amour pour Ludmila ainsi que son adorable petit garçon ne tarissait pas le moins du monde, il se trouvait alors que ses songes intérieurs filaient bien trop souvent vers son pauvre petit garçon décédé par sa faute sous un accident dont elle n'avait pourtant pas été impliquée. Comment aurait-elle seulement pu contrer un tel événement, alors qu'elle ne l'avait vu en rien arriver ? Non, elle n'avait rien pu faire, et n'aurait rien pu faire pour aider son enfant... Mais même après de nombreuses années, Dominura n'avait jamais réellement réussi à se faire une raison. Oh, certes, son voyage en Australie, cette nouvelle vie, si différente, l'avait bien aidée à faire le deuil de son petit Édouard... Mais maintenant qu'elle se retrouvait passive, là, dans la grande ville de New-York si semblable à ses anciens et terriblement classiques logements... Elle ne pouvait que se remémorer la mort du pauvre petit Romley, et ce, d'autant plus depuis la naissance d'Edan.

    Je n'ai rien contre toi, mon cher fils,
    Bien au contraire,
    Je t'aime, oui, et je demeure à tes côtés,
    Terriblement aimante, attentive.

    Je ne sais pas même pourquoi, ces souvenirs lointains, ces culpabilités, ces terribles cauchemars refont surface. Désormais, j'ai l'impression de m'enfoncer dans ces horreurs, sans même seulement m'en rendre compte de premier abord... Mais il me fait parler. Oui... Ce médecin, me fait parler, jour après jour, tandis que je ne sors de chez moi que pour assister et participer à nos rendez-vous, à ces visites, qui, dans le fond, me créent plus de mal que me libèrent. Je lui parle, de ce passé que je ne regrette pas dans la forme mais plutôt dans les évènements.

    Rien, de tout cela, n'aurait jamais pu se produire...
    Pourquoi, la vie m'a t-elle réservé de telles tortures ?

    Certes, l'amour est là,
    Je vis, heureuse, auprès des personnes que j'aime le plus au monde.

    Mais il reste
    Ce vide
    Ce si grand vide.


    « ...Donc, votre conjointe a trouvé les photographies. »


    Dominura, se tortillant quelque peu sur sa chaise, son regard partant tantôt sur le côté tantôt sur l'homme qui lui faisait face de son air grave et terriblement posé, professionnel, répondit alors, d'une voix monocorde et quelque peu tremblante d'anxiété montante :

    « Ludmila a remarqué les photos. Elle a très bien remarqué les photos. D'ailleurs, elle désire les faire disparaître... Ce n'est pas la première fois qu'elle me le dit. Mais je ne veux pas les ranger, je ne PEUX pas, les ranger ! »

    Son regard fuyant à nouveau celui du psychiatre pour se reporter sur la plante verte qui se trouvait dans un coin de la pièce, la grande femme ne put pourtant que rester attentive aux paroles de l'homme, qui ajouta, passant une main soucieuse sur sa barbe mal rasée :

    « Les faire disparaître. Votre conjointe ne désires donc pas avoir la présence de cet enfant – Votre, enfant – dans votre appartement. »


    Dominura paniquant quelque peu dans sa tête, changea à nouveau de position, une étrange violence montant en elle tout comme ses larmes aux yeux, tandis qu'elle ajoutait, d'une voix comme désespérée, ses pupilles sombres entrant à nouveau en contact avec celles de l'homme :

    « Non, elle ne veut pas ! Bien entendu, qu'elle ne veut pas ! Édouard est mort... Mon petit Édouard... Mon bébé et mort... Et elle voudrait s'en débarrasser ! »

    Laissant entendre un profond sanglot et un gémissement intense, la grande femme passa alors ses mains sur son visage, alors que l'homme, se redressant dans son fauteuil médical, appuyait sur ces faits, en de terribles mots, ne faisant pourtant que reprendre le vocabulaire de Dominura afin de le souligner, infernal.

    S'en débarrasser.
    Ludmila souhaitait qu'il disparaisse de leur vie
    Son bébé était mort
    Son petit garçon avait perdu la vie

    Et Ludmila ne voulait que l'effacer à jamais, a jamais !

    ~

    Le temps passa – De longues minutes – et la grande femme se retrouva de nouveau dans le taxi, complètement bouleversée par cette séance pour le moins traumatisante. Ses doutes, alors, s'avéraient presque comme... fondés ? Elle n'était pas folle. Non... Elle n'avait rien imaginé. Même ce médecin si précis, si calme, si professionnel, était d'accord avec elle. Elle ne pouvait pas laisser de telles choses se passer. Elle ne pouvait pas...

    Clac
    Clac
    Clac

    Entrée dans l'appartement, la grande femme laissa son sac à l'entrée – Non sans une certaine violence du désespoir – quittant rapidement son manteau afin de regagner le salon et l'album photo d'Edouard qu'elle avait laissé là, souhaitant alors plus que jamais se perdre dans quelques souvenirs avant de reprendre sa vie normale. Mais, alors qu'elle entrait dans la pièce, l'Illustratrice se figea, ses yeux se perdant sur le vide laissé sur la table basse. Ses pensées, son cerveau, entrèrent alors dans une panique folle, indescriptible, lui coupant d'abord le souffle tandis que son cœur s'emportait, dans une crise d'anxiété, d'angoisse certaine.

    Édouard.
    Édouard...
    Édouard !
    Où es-tu ?! Mon dieu... Où est passé l'album ?!
    Ludmila ! Tu n'avais pas le droit... Qu'as-tu fait... Qu'as-tu fait de mon FILS ?!!

    Paniquant alors sans doutes plus que de raison, tout aussi emportée par ses anxiétés psychologiques que par sa maladie elle-même qui commençait à lui brouiller les sens – Sans qu'elle ne s'en rende réellement compte – la grande femme put sentir son cœur s'emporter à tout rompre, de grosses larmes coulant sur ses joues fines tandis que, tel le démon, elle semblait alors prise d'une extrême violence, faisant les cent pas dans la pièce, menaçant de tout casser de désespoir. Sa voix, déchirée, hurlait alors, à tous les vents :


    « Édouard !! EDOUAAAARD ! LUDMILA ! QU'AS-TU FAIT DE MON FILS ?!! QU'AS-TU FAIS DE MON FIIIILS ?!! »

    Se ruant vers un des meubles, elle l'ouvrit alors avec violence, se jetant sur les multiples paperasses qu'il contentait, fouillant sans répit, ne sachant plus réellement ce qu'elle cherchait, sinon la présence de son enfant, pleurant son désespoir à chaudes larmes

    Il avait raison
    Il avait parfaitement raison

    Tu ne veux
    Que te débarrasser de lui
    A jamais !

    Ludmila...
    Ne m'enlèves pas mon enfant !
    Je ne te laisserai pas tuer mon fils, mon cher bébé !
    Je te tuerai

    JE TE TUERAI DE MES MAINS,
    LUDMILA !!

    Mon dieu
    Comme je t'aime
    Pardonne-moi

    Je ne suis plus
    Moi-même
    Marionnette entre ses doigts
    Machiavélique de mes faiblesses.
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Ludmila W. Ivanov
~ Fameuse Psychologue ~
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 14:45

    Ainsi auprès de son adorable petit garçon – qui visiblement semblait tout à fait ravi de ces quelques instants passés en sa compagnie – la charmante Russe ne pouvait se douter de ce qui était en train de se dire entre Dominura et son psychiatre. Parlait-elle d’elle, lors de ces consultations ? Cela semblait inévitable, tandis que les deux jeunes femmes vivaient une relation à la fois terriblement fusionnelle, mais également destructrice. Etait-ce en partie sa faute, si la femme qu’elle aimait s’enfonçait ainsi à nouveau dans une dépression nostalgique et effrayante ? Ludmila n’en avait pas réellement l’impression – bien que ne manquant pas de se remettre bien souvent en question. Ces derniers temps, le principal problème semblait résider dans le souvenir du défunt petit garçon de l’illustratrice, cette dernière s’acharnant à penser à lui avec excès. Evidemment, la jeune Russe s’était tout d’abord montrée compréhensive et rassurante, expliquant à sa compagne qu’elle préférait – pour le bien de tous et pour le sien en particulier – ne pas voir ces multiples photos du petit Edouard dans tout leur appartement. N’ayant jusqu’alors rien trouvé à redire sur celle qui trônait depuis des années sur la cheminée du salon, Ludmila trouvait en effet que cette nouvelle dispersion excessive ne pouvait que nuire au moral de la belle française, ceci ne pouvant que se répercuter sur le bien être de leur famille.

    Ce fût par ailleurs pour cette raison que – ce matin-ci – la jeune Russe avait simplement décidé de ranger l’album photo d’Edouard se trouvant sur la table basse du salon. Sans réellement songer au fait que cela puisse déplaire à sa belle, Ludmila avait donc simplement prit l’objet entre ses mains, l’apportant à l’atelier dans le but de le ranger à sa place. Néanmoins, un peu détail semblait lui avoir échappé : Où se rangeait-il, exactement ? Ne pouvant guère le deviner, Ludmila préféra donc le déposer sur son propre bureau, dans l’optique de le rendre à sa compagne par la suite, afin qu’il puisse retrouver la place qui lui était destinée. Profitant par ailleurs du sommeil de son petit ange à ce moment-ci, Ludmila n’avait pas manqué de s’installer un instant à son bureau, feuilletant l’album afin de voir à nouveau ces quelques photographies du petit garçon, et de la jeune Dominura. Si jeune, oui. Souriant parfois face à d’adorables instants de complicité, la jeune Russe préféra pourtant bien vite refermer l’album, ne supportant guère d’avoir ainsi à imaginer sa souffrance de la femme qu’elle aimait, lorsque ce petit garçon si mignon avait finalement brûlé sous ses yeux.

    Je comprends, que cela a dû être terriblement difficile, insupportable.
    Je sais, qu’on ne peut demander à une mère de faire le deuil de son propre enfant, alors si jeune.
    Mais je ne peux pas te laisser te morfondre sur cette sombre période de ta vie, n’est-ce pas ?
    Je ne peux pas continuer à te regarder sombrer, tandis que notre fils a besoin de toi.
    J’ai besoin de toi – Mon Amour. Reviens-moi plus sereine, plus heureuse – Je t’en prie –

    ~

    Certes, ça n’était pas si simple. Ludmila en était consciente, et ce d’autant plus depuis qu’elle commençait à douter des capacités de l’homme qui avait psychologiquement pris en charge son aimée. Faisait-il seulement ce qu’il fallait, pour l’apaiser ? Ou l’enfonçait-il dans ses troubles, comme cela semblait être le cas, plus encore ces derniers temps ? Ne pouvant supporter cette idée, la jeune Russe préférait alors en nier la possibilité, estimant qu’il était impossible pour un professionnel de faire de pareilles choses. Ainsi – ce jour-ci – attendait-elle calmement auprès de son enfant, jouant avec lui et conversant avec grand plaisir.

    Tic
    Tac

    Allongée auprès d’Edan sur son lit, Ludmila put bientôt entendre quelques sons lui provenir du hall d’entrée. Se redressant très légèrement en un adorable sursaut destiné à surprendre son fils, la jeune femme haussa alors les sourcils avec malice, un large sourire se dessinant sur ses fines lèvres rouges, tandis qu’elle lui laissait entendre, adorablement attentive :

    - Oh ! Tu entends ?! Maman est rentrée !

    Une légère exclamation enjouée se faisant entendre du côté du bébé, Ludmila le laissa finalement attraper d’un de ses doigts, l’enfant s’amusant alors – ces derniers temps – à agripper absolument tout ce qui lui passait sous la main. Ainsi la jeune femme se contenta-t-elle de rester silencieuse, attendant sagement ici que sa belle ne les rejoigne, si elle en avait envie bien sûr. Son rendez-vous s’était-il bien passé ? A vrai dire, Ludmila ne manquait pas de redouter intérieurement ces retours de consultation, s’étant bien vite rendue compte de l’étrange attitude de sa belle lors de leurs retrouvailles. Devait-elle réellement s’en méfier ? Cela ne lui semblait pas très sain, tandis qu’elle l’avait elle-même poussée à accepter cette thérapie. Ainsi la jeune femme se contentait-elle de mettre de côté ses doutes, laissant seulement à sa compagne le temps de se remettre de ses consultations, tout en essayant de lui offrir le maximum d’attention et d’amour.

    Bam
    Bam

    « LUDMILA ! QU'AS-TU FAIT DE MON FILS ?!! »

    Ces hurlements, déchirants. Edouard ? Sursautant quelque peu aux premiers cris provenant du salon, Ludmila ne manqua pas de plaquer tendrement – bien que soudainement nerveuse – ses mains sur les oreilles du petit Edan, ne souhaitant pas une seule seconde que ce dernier entende cette déferlante d’émotions négatives et néfastes à son environnement. Ses sourcils se fronçant tandis que son cœur s’emballait sur le coup, Ludmila ne comprit alors pas immédiatement ce qu’il se passait, restant ainsi figée auprès du petit garçon.

    Qu’ai-je fais de ton fils ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?!

    Bam
    Bam
    Bam

    Edan portant ses mains à sa bouche – visiblement peu troublé par ces premiers cris, dont il n’avait finalement entendu que le début – Ludmila laissa son regard se poser à nouveau sur lui, soucieuse de lui épargner une nouvelle crise. Problème : L’enfant ne semblait pas réellement fatigué, ceci ne lui permettant donc pas de le mettre au lit, au risque de le voir hurler son mécontentement. Alors que faire ? La jeune femme ne pouvait se résoudre à rejoindre Dominura en le laissant ici, et bien moins encore en l’emportant avec elle. Ainsi resta-t-elle encore quelques secondes à réfléchir, non sans que sa panique soudaine ne vienne lui brouiller l’esprit.

    Qu’est-ce qu’il te prend, Dominura ? Pourquoi m’agresses-tu si soudainement, alors même que tu ne fais que rentrer ? Pourquoi n’es-tu pas venue nous voir, avant de passer au salon ? Serait-ce… L’album photo ? Je ne vois rien d’autre. Serais-tu en train de me hurler dessus, pour avoir seulement déplacé cet album ? Je n’arrive pas à y croire. Es-ce réellement si grave ? Tu exagères, tu sais.

    ~

    Prenant finalement sur elle pour prendre une quelconque décision, Ludmila ne tarda pas à se lever, prenant Edan dans ses bras pour finalement de mener dans sa propre chambre. Douce et maternelle, la jeune femme l’installa finalement dans son adorable petit parc, où l’enfant disposait de nombreux jouets afin de s’occuper durant l’absence de ses mères. Sentant le regard soudainement inquiet du petit se poser sur elle, Ludmila caressa tendrement sa joue du dos de ses doigts, lui laissant entendre avec douceur, un doux sourire aux lèvres – malgré son angoisse nouvelle :

    - Joue un peu tout seul mon cœur, je reviens très vite.

    Très vite ? Rien n’était moins sûr. Pourtant, il fallait bien se résoudre à laisser Edan un peu seul, afin de lui épargner la vue – sinon les cris – de cette soudaine crise au sein de leur foyer. Embrassant la joue du bébé avant de se redresser, Ludmila se détourna donc finalement de lui, refermant soigneusement la porte de sa chambre derrière elle après lui avoir enclenché l’appareil diffusant des musiques divertissantes et parfaitement adaptées à son jeune âge. Musique qui peut-être – elle l’espérait – pourrait divertir l’enfant de ce qu’il pouvait se passer, à l’extérieur de sa chambre.

    Clac
    Clac
    Clac

    Retrouvant finalement Dominura en train de fouiller un meuble du salon, Ludmila sentie son cœur s’emporter davantage, visiblement consciente de la soudaine panique de son aimée. Restant néanmoins sceptique quant au fait qu’elle lui reproche ainsi d’avoir pris son « fils », la jeune femme ne tarda pas à laisser entendre, sérieuse, et vraisemblablement très soucieuse de ce qu’il se passait actuellement dans la tête de la belle française :

    - Qu’est-ce que tu racontes ?!! Si tu parles de ton album, il est dans l’atelier.

    Sans doute agacée par le fait que Dominura ne semble pas se soucier du bien-être de leur adorable petit garçon en criant ainsi dans leur appartement, Ludmila se montrait quelque peu plus froide qu’elle ne l’était en réalité, s’inquiétant simplement de voir la femme qu’elle aimait se mettre dans un tel état, pour si peu. La fixant alors d’une insistance soucieuse, la belle Russe pinça légèrement ses lèvres entre elles avant d’ajouter, bien décidée à ne pas laisser Dominura lui échapper et se jeter sur les photographies de son défunt fils :

    - Qu’est-ce qu’il y a ?


    Appréhendant - malgré toute cette assurance de façade – les futures réactions de sa compagne, Ludmila ne manqua pas d’insister, désirant ici clairement comprendre pourquoi Dominura réagissait si violemment, alors même qu’elle pouvait sans doute deviner le fait que sa conjointe avait seulement déplacé son album. Mais n’était-elle pas ici justement en train de personnifier ce simple objet, en une sorte de réincarnation d’Edouard ? Cela semblait bien étrange, et pourtant – terriblement probable. Sur ce – oui – la jeune femme insista, toujours très sérieuse et attentive, malgré ce fond de rancœur vis-à-vis de ce comportement impulsif de la part de Dominura, incompréhensible et déstabilisant pour leur pauvre fils :

    - Parles-moi. Quel es le problème, au juste ?

    Tu sais que tu ne devrais pas crier ainsi en sa présence, n’est-ce pas ? Et pour quoi ? Pour ce maudit album ? Je sais, que tu en as besoin, pour garder auprès de toi ton défunt fils. Mais je sais également que tu ne dois pas en oublier ta nouvelle famille, et ce petit être qui compte tant sur toi. Si ma voix reste calme, posée, sois pourtant certaine que mon corps bouillonne d’une incompréhension terrible, mettant d’ores et déjà mes nerfs à rude épreuve.

    Quel est ton problème, Dominura ?
    Je n’ai pas mon mot à dire sur la présence de ces photos macabres chez nous, c’est ça ?
    Ou bien es-tu seulement en train de devenir totalement folle, à ainsi te renfermer dans le passé ?
    Je ne te laisserai pas tomber, tu sais. Et si je dois pour cela me montrer plus ferme, sois certaine que je n’hésiterai pas. Oh, devrais-je me montrer plus douce, au contraire ? J’ai tout essayé, n’est-ce pas ?

    Te voir ainsi pleurer en dérangeant ces tiroirs à la recherche du souvenir de ton enfant me brise le cœur.
    Je ne suis pas en colère, au fond – seulement, terriblement angoissée.

    Arrête-ça, d’accord ?
    Et dis-moi, ce qu’il te passe par la tête.
    Dis-moi, aide-moi à comprendre.

    Alice n’abandonnera jamais sa Reine,
    Et ce même si la Reine, ne sait plus quelles sont ses cartes. ♠

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Dominura Romley
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 16:08

    ~ Alors que la grande femme se perdait dans ses multiples émois, son profil psychologique semblant s'aggraver à vue d'œil tandis que les tensions qui résidaient sur son esprit fragile emportaient sa raison avec elles, Dominura eut pourtant bien le loisir d'entendre l'arrivée de sa ravissante et si blonde conjointe dans la pièce, cette dernière ne tardant pas réellement avant de laisser entendre ses premières paroles, d'un ton reculé et distant, classiquement froid.

    Qu'est-ce que tu racontes.
    Si tu parles de ton album, il est dans l'atelier.

    Se retournant alors vivement, laissant passer sur Ludmila des yeux emplis de larmes, de désespoir mais également d'une haine incommensurable qui venait de naitre face à l'idiotie et l'incompréhension de la femme qu'elle aimait, Dominura pinça ses lèvres maquillées entre elles, finissant par se redresser dans un mouvement violent, ses si beaux cheveux bruns – Attachés d'une pince mais dont quelques mèches s'échappaient encore et toujours – virevoltant dans son mouvement. Serrant les poings, elle ne laissa pourtant aucun son s'échapper, tentant visiblement de se calmer avant d'adresser la parole à celle qui prenait alors le rôle de son bourreau cérébral, la simple vue de Ludmila lui apportant une atroce migraine qui la rendait d'une violence intérieure plus grande encore.

    Qu'est-ce que je racontes ?!
    Qu'est-ce que je RACONTES ?!!

    Cesse donc, de me regarder comme si j'étais la dernière des cinglées ! Ne t'adresses pas à moi, de ce ton horripilant, qui ne me donnes qu'envie de te frapper, pour te faire taire, ravaler tes paroles que je vomirais bien volontiers ! Tu ne sais pas, ce que tu dis. Et pourtant, tu sais très bien, de quoi je parles. Ne fais pas l'innocente, Ludmila ! Je te défends de me parler ainsi !!

    La ferme ! LA FERME !!

    Son regard brillant d'une horreur certaine rivé sur la jolie psychologue qui ne semblait alors pas vraiment comprendre la gravité de la situation et qui se donnait des airs froids et fermés – Ce fait entretenant bien entendu la colère de Dominura, qui songeait alors qu'elle s'amusait clairement à prendre ses airs hautains et détestables – l'Illustratrice serra de nouveau des dents, se retenant tout juste de ne pas attraper un vase afin de l'exterminer de ses mains aux pieds de sa belle, qu'elle ne supportait visiblement pas, en de telles circonstances mentales.

    Toi qui disais vouloir m'aider... Tu me mentais ?! TU ME MENTAIS, N'EST-CE PAS ?

    Ludmila, pourtant, ne garda pas le silence, comme poussant Dominura à parler. Parler était-il la meilleure des solutions ? Oui, inévitablement. Même si cela demandait une certaine force à Ludmila, même si Dominura semblait se débattre, tel un démon, corps et âme contre ce fait. Non... Non, non, non ! NON !!

    BamBamBamBamBamBamBam~

    De grosses larmes coulant toujours – Et plus encore – sur les larmes de la grande femme qui semblait comme en proie à une énorme crise existentielle, en dehors de son corps tout comme en dehors d'elle-même – Ludmila ne reconnaissant certainement plus son aimée – cette dernière finit par fondre, à toute vitesse, vers la jolie blonde, la poussant alors en arrière avec brusquerie, le bout de ses doigts cognant régulièrement sur la peau de son décolleté, comme dans un signe de défi désespéré :


    « Shut up... SHUT UP ! SHUT UP !! Qu'est-ce que tu crois ?! Que je vais éternellement me laisser faire ?! JE SAIS BIEN, CE QUE TU FAIS ! RENDS-LE MOI ! RENDS-MOI MON ENFANT !! »

    D'un seul coup, Dominura, sans crier gare, s'écroula sur le sol, tombant à genoux, dans de terribles sanglots, se prenant la tête dans les mains et gesticulant comme si elle se débattait contre d'affreuses créatures qui la rongeaient de l'intérieur. Suite à de nombreux mouvement improbables, à de nombreux gémissements et tout autant de cris apparentés à une folie ressurgissant dans la pénombre de sa raison affaiblie, elle sanglota, déchirée :

    « Tu ne peux pas, me faire une chose pareille... Tu peux pas... Pourquoi, m'as-tu volé cette vie ?! Il avait raison... »

    A qui parlait-elle, au juste. Une fragilité de sa personne, de son mental, semblait se lier à cette maladie que Ludmila lui avait découverte, tandis qu'elle se renfermait sur elle-même, au fur et à mesure que les secondes passaient, la belle blonde pouvant alors décrypter une situation d'urgence dans les dires et faits de sa conjointe détruite au plus profond d'elle-même. Oui, cette question se posait bien. Parlait-elle véritablement à Ludmila ? Ou bien... A la mort elle-même ? A l'hôpital ? Voire... A sa maladie, qui la rongeait, tandis qu'elle en était encore inconsciente ? Pouvait-elle vraiment la sentir... Et puis. A qui faisait-elle allusion, au juste ? A sa raison propre ? A son défunt fils, ou même, à son père ? Critique. L'attitude morale et psychologique de l'Illustratrice était critique.

    Je souffre.
    Je me tue.
    J'ai mal.
    Ludmila... !
    Pourquoi m'as-tu ôté mon enfant ?!

    Pourquoi tu joues-tu de moi ?
    Je n'y crois pas...
    Avait-il raison ?

    Tu cherches... A effacer mon passé.
    Ne suis-je pour toi qu'une marionnette ?

    Tu veux me prendre mes souvenirs, ma mémoire... JE TE HAIS !! RENDS-MOI MES SOUVENIRS ! JE TE DEFENDS, DE PRENDRE CE QU'IL ME RESTE DE LUI !

    BamBamBamBamBamBam

    D'une voix déchirée, dans un cri du désespoir, elle ajouta, à l'adresse de la belle blonde :


    « Il avait raison... Depuis le début, il avait raison... Je n'en peux plus ! POURQUOI ME MANIPULES-TU AUTANT ?!! Plutôt me laisser mourir... !! »

    Et, alors qu'elle se recroquevillait sur elle-même, ses mains recouvrant sa tête, ses cheveux, ses oreilles, son visage enfoui dans ses genoux, une voix plus calme mais plus désespérée encore put se faire entendre, dans un sanglot de terreur :

    « Je ne sais même pas qui vous êtes... »

    Bam.
    BamBamBamBamBam.
    ~
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 17:31

    Qu’est-ce que tu racontes, Dominura ? Non, non ! Es-tu réellement en train de perdre la tête, comme cela semble ici être le cas ? Comment peux-tu seulement crier ainsi, tandis que notre fils se trouve à quelques mètres seulement ? Je n’ai rien fais, sinon déplacer ton album photo, par simple soucis à ton égard. Tu ne devrais pas tant te renfermer sur Edouard, tandis que rien ne pourra jamais te le ramener. Tu ne peux rien faire, et je ne suis en rien responsable, tu comprends ? Voir ton regard larmoyant et haineux me rend malade, me brise le cœur : Je ne pensais pas que ce simple changement pourrait à ce point te chambouler, tu sais ? Et si je semble à présent si distante, ça n’est que parce que tes réactions me surprennent et m’angoissent.

    Bam
    Bam

    Après avoir finalement demandé à sa compagne de lui parler afin qu’elle puisse seulement comprendre ce qui la tracassait tant, Ludmila ne pu que se sentir un instant défaillir, la belle française se ruant à présent sur elle avec violence. Laissant un gémissement de surprise s’échapper d’entre ses fines lèvres rouges lorsque cette dernière la poussa en arrière à plusieurs reprises, la jeune femme sentie ses sourcils se froncer d’une crainte nouvelle, son ventre se tordant d’une peur qu’elle ne pouvait contrôler : Vas-tu à nouveau lever la main sur moi, mon cher Amour ? Tu sais, que je ne pourrai te le pardonner une seconde fois, n’est-ce pas ? Tu me fais peur. Tu me fais si peur, oui. Comment pourrais-je seulement m’attendrir, face à tant de violence ? Et tu me hurles maintenant de me la fermer ?! Va te faire foutre. Ta souffrance ne te donne pas le droit de me maltraiter ainsi ! Je te l’interdis !

    Evidemment, cette violence physique ne fut finalement rien face aux propos qui échappèrent par la suite à la ravissante française, cette dernière – effondrée et noyée sous les larmes – continuant sur une lancée qui n’était guère pour rassurer sa compagne. Qu’elle se laisse faire ? Mais de quoi parlait-elle exactement ? Ludmila ne parvenait pas réellement à comprendre le sens de ces propos, les suivant néanmoins parvenant peu à peu à l’éclairer sur le sujet. Dominura insinuait donc qu’elle lui avait volé son enfant ? Mais… De qui parlait-elle, exactement ? Parlait-elle d’Edan – alors bien sage dans sa chambre d’enfant – ou bien d’Edouard, qui pourtant n’était plus de ce monde depuis des années, et ce bien avant que les deux jeunes femmes ne se soient rencontrées ? Ses lèvres s’entrouvrant sous l’horreur de ces mots terrifiés et terrifiants, la jeune Russe recula à nouveau d’un pas lorsque Dominura s’écroula au sol, alors totalement incapable de la retenir, d’une quelconque manière.

    Mon Dieu. A quoi penses-tu ? A qui parles-tu, Dominura ?!

    Bam
    Bam

    L’image de Dominura sanglotant et se débattant au sol contre une force invisible, ne pouvait vraisemblablement que déstabiliser la jeune Russe au plus haut point. Sentant sa gorge se serrer d’une angoisse terrible tandis qu’elle comprenait peu à peu ce qui était en train de se passer, la jeune femme sentie une vague d’effroi et de colère la traverser violemment, et ce davantage suite aux suivantes paroles de sa belle.

    Lui avait-elle volé sa vie… ?
    Il avait raison. « Il » ? Qui était-il ? Etait-ce cet enfoiré de psychiatre, cet incapable qui a chaque consultation lui rendait Dominura dans un état plus sombre encore que suite à la précédente ? Comment avait-il pu ?! Comment avait-il seulement osé la guider dans une telle voix, brisant ainsi toutes les règles du professionnalisme auquel il était sensé se contraindre, pour le bien de ses patients ? Totalement anéantie par ces quelques mots, Ludmila due alors un instant s’accrocher au meuble qui se trouvait non loin d’elle, y refermant sa fine main tandis que son regard horrifié ne quittait à présent plus sa compagne.

    Qu’est-ce qu’il t’a dis ? QU’EST-CE QU’IL T’A DIT ?!

    Je ne t’ai rien volé, Dominura ! Mais bordel, tu le sais pourtant bien, non ?! Ainsi, tu sembles faire davantage confiance à cet inconnu, plutôt qu’à moi ? Je ne supporte pas cette idée. Je n’en peux plus, tu comprends ? Tu ne peux pas continuer à me traiter ainsi, et à t’enfoncer si profondément dans ce sombre gouffre, qui t’éloigne peu à peu de tes véritables priorités actuelles. Combien de fois t’ai-je dis, à quel point je t’aime, à quel point je serais prête à tout, pour faire ton bonheur ? Mais tu ne vois rien, n’est-ce pas ? Tu…

    BamBamBam
    BamBamBam

    Sentant son cœur souffrir de ce rythme si violent et douloureux, Ludmila ne put donc que rester figée et silencieuse face à l’horrible spectacle qu’elle avait sous les yeux, priant intérieurement pour que leur fils n’entende rien de toutes ces terribles accusations, mais également de l’intenable souffrance qui en découlait.

    « POURQUOI ME MANIPULES-TU AUTANT ?!! »

    Se prenant une nouvelle claque mentale à ces mots, Ludmila put alors très rapidement comprendre que le psychiatre de Dominura avait – en effet, et ce depuis le début de sa thérapie – toujours fait en sorte de briser doucement mais sûrement la confiance que sa conjointe lui portait. Avait-il seulement des raisons, pour faire une pareille chose ? Qu’avait-il seulement osé dire, contre elle ? Qu’elle la manipulait ?

    Quelques larmes perlant finalement le long de ses joues tant elle prenait sur elle pour ne pas fuir face à ces accusations terribles, Ludmila semblait alors totalement dévastée par l’horreur des propos de la femme qu’elle aimait, comprenant finalement que cette dernière avait été froidement manipulée par celui qu’elle pensait être son fiable confident. Son corps s’étant raidie face à tant de haine et de désespoir de la part de son aimée, Ludmila fut alors totalement incapable de se pencher auprès d’elle, et bien moins encore de la toucher afin de la rassurer. Le voulait-elle seulement ? A première vue, non. Dominura semblait lui en vouloir, la haïr. Ainsi prenait-elle pour véridique les accusations qu’elle lui portait, probablement guidées par les conseils avisés d’un charlatan manipulateur.

    -

    Comment peux-tu dire ça ? Je t’aime… Je t’aime, depuis notre premier regard. Je t’aime, et serais capable de tuer, pour te savoir en sécurité, heureuse. Mais tu ne me crois plus, n’est-ce pas ? Et les traces de cette maladie dont tu es inconsciente te rongent, là, juste sous mes yeux. Cela ne peut plus durer. Je ne peux pas, continuer ainsi, tu sais. Continuer à te regarder souffrir, te détruire de l’intérieur, inconsciente de la réalité des choses, incapable de voir où se trouve la vérité, de reconnaitre les personnes en qui tu peux – ou non – avoir confiance.

    -

    « Je ne sais même pas qui vous êtes... »

    Prise d’une terrible nausée à l’entente de ces mots, Ludmila se détourna alors violemment de sa conjointe, incapable de la regarder une seconde de plus dans cette position de désespoir intense. Etouffant un sanglot angoissé à l’idée de voir son aimée se laisser ainsi dévorer par sa maladie, la jeune Russe trouva néanmoins la force de se ressaisir par la suite, une haine profonde étant née en elle vis-à-vis du psychologue de Dominura. Ne pouvant en aucun cas se résoudre à couper court à cette terrible conversation, la jeune femme se jeta finalement au sol à son tour, s’accroupissant auprès de Dominura tout en la forçant à s’ouvrir et à se redresser, de la simple force de ses bras. Tremblante et maladroite tant elle souffrait de cette situation, la jeune femme décida de nier les derniers mots de sa compagne – ne pouvant les supporter, tant cela lui semblait surréaliste et purement intenable psychologiquement – laissant à présent sa colère se fondre dans le ton de sa voix, bien plus emportée que précédemment, nouée de sanglots angoissés :

    - Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Que… Pourquoi voudrais-je te manipuler, hein ?! REPONDS !

    Emportée par sa rage et son incapacité à gérer ses émotions en cet instant, Ludmila accompagna ces mots de gestes relativement brusques, se débattant contre les bras de sa compagne afin de la forcer à ne pas se recroqueviller à nouveau, tout en se défoulant ainsi de la légère rancœur qu’elle lui portait suite à ces quelques révélations. Consciente néanmoins qu’elle se montrait sans doute bien trop agressive pour laisser à sa compagne la possibilité de lui répondre quoi que ce soit, la jeune femme ajouta, ses mains venant se poser sur les joues de Dominura avec plus de délicatesse afin de la forcer à lever les yeux vers elle :

    - Ne le laisse pas nous détruire… Ne le laisse pas te détruire… ! Tu

    Incapable de terminer – ces quelques paroles se perdant en un sanglot angoissé et colérique – Ludmila détourna finalement les yeux, un soupir tremblant s’échappant d’entre ses lèvres tandis que ses mains retombaient lourdement contre le sol.

    Je n’aurais jamais dû.
    Je n’aurais pas dû te mentir,
    Ou seulement omettre de t’en parler.

    Tu dois connaître l’existence de cette maladie, n’est-ce pas ? Je m’en rends compte à présent. Je m’en rends compte, tandis que tu sembles te perdre dans les méandres de ton esprit, sans même pouvoir te l’expliquer. Mais comment te dire, à présent ? Tout avouer serait donner raison à cette ordure, et nous détruire à jamais. Je suis terriblement inquiète pour toi, tu sais ? Si je cris, si je suis en colère… Ca n’est que parce que je tiens à toi, parce que je ne voudrais te perdre en aucun cas. Pourquoi les évènements s’acharnent-ils contre nous ? Contre toi ? Je ne peux supporter de te voir ainsi, de te sentir si troublée, désespérée.

    Dis-moi, ce qu’il t’a dis.
    Dis-le-moi, avant que je n’aille moi-même lui tirer les vers du nez.
    Cet enfoiré ne sait sans doute pas à quoi s’attendre, en s’opposant ainsi à moi.
    Je vais le tuer. Je vais le détruire, en commençant par sa putride carrière.

    Ma vengeance sera terrible,
    Tandis que par sa faute,
    Ces larmes inondent à présent tes joues.



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Dominura Romley
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 18:12

    ~ Complètement dans son univers, plus emportée par sa folie et l'obscurité de sa raison que par sa haine subjective et superficielle – En fin de compte – envers Ludmila, la grande femme ne porta guère attention aux mouvements de cette dernière, ne notant pas ses expressions, ni même le fait que cette dernière aie à s'appuyer contre le meuble derrière elle pour se soutenir physiquement et moralement. Il n'y avait pas à dire, Dominura se perdait dans ses propres songes, sans réellement plus penser au monde réel ni à ce qui l'entourait. Dans sa tête, seuls ses obscurités de l'âme tournaient et viraient, sous le rappel constant des paroles de son psychiatre, qui résonnaient alors en elle comme le glas du chaos, de la mort sans doutes. Cette homme l'avait détruite, la détruisait encore, ayant fait ressurgir ses pires faiblesses liées à la mort, l'angoisse, la peur, afin de s'en servir contre elle et la renfermer et l'infantiliser dans les horreurs de son passé.

    Je ne suis plus qu'une enfant,
    Effrayée, enfermée tel un oiseau dans sa cage dorée,
    Aliénée aux sombres aspects de mon propre esprit,
    Vulgaire poupée aux mains du malfaiteur,

    Celui, oui, qui a comme violé ma vie privée,
    Me montant contre toi, contre le monde, contre tout...

    Que puis-je penser, maintenant ? L'heure n'est plus à la réflexion, seulement à ce qui me vient, là, plus de sentiments, de ressentis, que de songes. Je ne vois que la souffrance, la douleur qui me déchire, les larmes qui me brûlent les joues, les tremblements qui managent mon corps empli de frissons d'effroi.

    Qui es-tu ?
    Oui, qui es-tu, toi, si violente à mon égard ? Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Et... Ahhh !! Non, non, laisse-moi ! Laisse-moi, je ne veux pas me redresser, je ne veux pas avoir à te regarder, je ne veux pas, que mes yeux passent dans les tiens, tant j'ai peur de ce jugement, tant je cherche à me défaire de toi, de tous les moyens qu'il soit. Comment peux-tu encore demeurer ici, alors que je fais tout, pour te faire partir, toi qui voudrais, selon mon médecin, me manipuler jusqu'à ma mort ? Arrête... Arrête, je t'en supplie, de t'amuser de moi, de jouer avec ma vie tout comme avec ma tête, mes sentiments. Comment ais-je pu seulement... t'aimer ?

    Mais... Oui, c'est ça.
    Quel est ce sentiment, qui me prends entre ces bribes du néant de mon âme ?
    De l'amour... De l'amour, si fort, si puissant, qui semble alors me rappeler que tu es comme... La personne que j'aime ? Mais non, c'est impossible. J'aime... Ludmila. Je n'aime que Ludmila. Alors va t-en ! Je t'en prie, va t'en ! Laisse-moi tranquille. Rends-moi mon enfant ! Ahhh !! Pitié, je ferai sans doutes tout ce que tu veux, mais laisses-moi revoir, une dernière fois seulement, les personnes que j'aime le plus au monde. Fais-moi... Cette ultime faveur, avant de me détruire.

    Te mots résonnent en moi.

    Qu'est-ce qu'il ta dit ?
    Pourquoi voudrais-je te manipuler, hein ?
    Réponds !

    Se débattant quelque peu, non seulement prise dans l'étreinte violente de Ludmila mais tout autant dans celle de ses propres élucubrations, Dominura laissa de nouveau des larmes couler sur ses joues, secouant la tête de droite à gauche, tel une enfant, refusant de laisser entendre quoi que ce soit : Je ne comprends pas ! Je ne comprends pas ce que tu me dis !! Je ne comprends pas, ce que tu veux de moi ! Tes mains, froides, sur mes joues. Ce regard, qui capte le mien. Puis-je y voir... Du désespoir ? Oooh, je suis désolée, je ne... Je ne comprends pas, ce que tu veux savoir, je ne sais pas, ce que tu me racontes. Me détruire ? Cet homme veut-il réellement me détruire ? Je n'arrives plus, à distinguer le vrai du faux.

    Suis-je... Définitivement tombée dans la folie ?
    Ce gouffre, noir, et sombre, dont j'ai tant et tellement peur...

    BamBamBamBamBamBam

    Quelque peu perdue, son corps se perdant un instant dans un spasme tandis que Dominura ne se débattait plus tant – Plutôt occupée à tenter de comprendre ce que Ludmila voulait d'elle – la grande femme laissa ses yeux passer dans ceux de Ludmila, ses joues se couvrant à nouveau de larmes épaisses et lourdes. Elle laissa alors entendre, dans un élan de panique, comme si ses paroles avaient alors la capacité de lui donner une chance de sauver sa vie d'un meurtre évident :


    « C-C'est moi qui l'ai tué... Je les ai tués, tous les deux... ! Je ne voulais pas, oh, je ne voulais pas, je te le promets... Ludmila ? »

    Un nom, sonnant comme si proche, comme si lointain. La grande femme ne répondait pas à sa question. Mais, comme dans une suite qui pouvait sonner logique dans sa tête mais non pas en extérieur, elle enchaina, ses mains se raccrochant aux poignets de la jolie jeune femme qui se trouvait face à elle :

    « Il m'a dit... Il m'a dit... Cet homme m'a dit... Que je ne t'étais que profitable... Tu vas me voler mon enfant... Non... NON ! JAMAIS ! Tu ne me ferais JAMAIS ça, pas vrai ?! Il m'a dit... que tu me cachais, tes véritables intentions... Mais c'est un mensonge, un mensonge, n'est-ce pas ?! Tu ne me caches rien... Tu ne me caches rien... »

    Cette fois, Dominura s'était directement adressée à Ludmila, comme consciente que la femme qu'elle aimait se trouvait en face d'elle. Alors, tous ses propos semblaient si décousus, les uns des autres ! Tantôt elle reconnaissait son monde, tantôt elle n'avait plus guère la possibilité à deviner que sa Ludmila, terriblement aimée, était la même personne que cette blonde violente qui se trouvait devant ses yeux.

    Tu...
    Ne me caches rien, n'est-ce pas ?

    Tu ne peux rien me cacher
    Tu m'avais promis.
    L'on se l'est promis !

    Dois-je te dire, qu'il m'a fait entendre,
    Que tu m'abandonnerais sans doutes bientôt ?

    Je ne veux pas y penser.
    Je t'en supplie,
    Dis-moi, que tout cela est faux.

    J'ai été prise dans ce tourbillon, j'en suis sortie, quelques instants,
    Mais me voilà replongée dans ces terribles abysses,
    Me recroquevillant sur moi-même,
    Sanglotante, désespérée :


    « Je vous en prie, laissez-moi tranquille... Laissez-moiiihh ! »

    Toi
    Que je ne reconnais pas
    Mais dont je crois connaître le nom

    Que se passe t-il,
    Je sombre

    Par pitié...
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Ludmila W. Ivanov
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 21:44

    Face à la résistance de sa conjointe lorsqu’elle la força à se redresser, Ludmila n’hésita pas à la brutaliser quelque peu, elle-même terriblement troublée par ces récentes révélations concernant son psychiatre, mais également – bien sûr – concernant l’état mental actuel de sa compagne. Pouvait-elle seulement rester là, à tenter de la rassurer ? La jeune Russe s’en sentait parfaitement incapable, éprouvant une certaine rancœur à son égard : Ne m’as-tu donc jamais fais totalement confiance ? As-tu toujours eu ces doutes, me concernant ? Je croyais pourtant que – depuis quelques semaines – notre couple reposait sur de nouvelles bases, plus saines. Mais visiblement, je me suis bien trompée, n’est-ce pas ? Depuis tout ce temps, cette ordure s’amusait à te détruire, à me rabaisser à tes yeux, sans que tu ne daignes seulement m’en parler. Pourquoi m’as-tu caché tout cela, pour ainsi imploser aujourd’hui ? Pourquoi ne m’as-tu jamais rien dis de ces horreurs, qui te traversaient l’esprit ? Je n’ai jamais souhaité effacer ton fils de notre vie. Non, jamais je n’ai voulu te retirer son souvenir, mais uniquement t’en protéger, tant que cela m’était encore possible.

    Tu ne comprends pas, n’est-ce pas ?
    Ou peut-être ne veux-tu pas comprendre, renfermée dans tes propres craintes, aveuglée à ne plus vouloir m’entendre ? Ma colère me semble être justifiée, tandis que je me sens à présent si mal, incomprise. M’aimes-tu seulement avec sincérité, comme tu me l’as toujours laissé croire ? Tu ne douterais pas tant de moi, si cela était le cas. Ou peut-être ta maladie parvient-elle à orienter ainsi tes songes, jusqu’à nous déchirer ?

    Je n’aurais pas dû te la cacher.

    BamBamBam
    BamBamBam

    Dominura leva finalement les yeux vers elle, Ludmila fronça à nouveau légèrement les sourcils, soucieuse et emportée, son propre regard brillant de larmes d’angoisse. Laissant ses pouces glisser tendrement sur les joues de sa compagne afin d’en balayer quelques larmes, la jeune Russe se montra donc ici attentive, restant – malgré son amertume certaine et ses propres craintes – terriblement présente auprès de son aimée, qui visiblement avait réellement besoin d’aide en ces instants.

    Tu les as tués ? Mon Dieu Trésor… Combien de fois faudra-t-il que nous te répétions – nous, ces personnes qui t’aimons sincèrement – que la mort de ton père, celle ne ton fils, n’étaient que des accidents ? Tu en as toi-même été la victime, tu sais ? Tu ne peux pas continuer ainsi, à te culpabiliser pour quelque chose que tu n’as pas fais, contre ces évènements, que tu n’aurais pu changer. Ton psychiatre a-t-il insinué le contraire ? Tout me semble à présent possible, tant ma haine à son égard s’enflamme, chaque seconde un peu plus. L’a-t-il fait, mon Ange ? J’aimerais pouvoir te rassurer, une bonne fois pour toute : Tu ne les as pas tué. Ca n’était pas toi.

    Mais à peinte Dominura eut-elle terminé sur ce sujet, que ses mains vinrent s’agripper aux poignets de la jeune Russe, cette dernière restant ainsi silencieuse et immobile. Tiraillée entre son désir de rassurer sa belle en la prenant dans ses bras, et cette terrible envie de la secouer afin de la faire réagir et de lui faire retirer tout ce qu’elle lui avait déjà balancé en pleine figure, Ludmila fut donc contrainte à rester quelque peu distante à nouveau, prenant sur elle les futurs propos de sa compagne.

    Il t’a dis, que tu ne m’étais que profitable.
    Que je te volerai ton enfant.
    Que je te cachais, mes véritables intentions.

    Bam
    Bam
    Bam

    Fixant – horrifiée – le visage renfermé et angoissé de sa compagne, Ludmila sentie soudainement son cœur s’effondrer, réalisant plus encore l’importance des monstruosités que la psychiatre de Dominura avait pu lui mettre dans la tête. Ainsi, voici ce que la femme qu’elle aimait du plus profond de son cœur pensait d’elle ? Les sombres répétions de la belle française suite à ces déclarations ne pouvant que l’angoisser davantage, la jeune Russe tira finalement fermement sur ses avant-bras, faisant ainsi lâcher prise à son aimée. Ramenant ses mains tremblantes d’horreur à elle, la jeune femme ne cillait plus, ses lèvres restant entrouverte d’une surprise des plus désagréables. Abasourdie par les évènements, Ludmila ne semblait visiblement pas apprécier ce que venait de lui dire sa compagne, et ce d’autant plus que cette dernière semblait à présent lui demander de démentir ces affirmations. Avait-elle réellement à le faire ? Devait-elle vraiment, s’abaisser à ainsi supplier sa conjointe de sa bonne foi ? Depuis des mois, des années déjà, la charmante Russe n’avait cessé de faire d’importants efforts – à son niveau – pour tenter de rassurer la femme qu’elle aimait, de lui faire comprendre son amour, son sincérité. Depuis des années, et ce bien que cela soit pour elle quelque chose de contre-nature, la jeune Russe était finalement parvenue à évoluer, à apprendre à accepter ses sentiments, jusqu’à même avoir le désir d’être mère – aux côtés de l’illustratrice. Alors pourquoi – maintenant – Dominura en venait-elle à la provoquer ainsi, comme si toutes les années passées n’avaient été que mensonges ?

    Je te cache quelque chose, oui.
    Je te cache quelque chose, mais ça n’est certainement pas mes intentions.
    Je t’en veux, oui, de me croire ainsi coupable de telles horreurs.

    BamBamBam
    BamBamBam

    Se levant d’un bond lorsque Dominura se recroquevilla à nouveau sur elle-même en demandant à ce qu’on la laisse tranquille, Ludmila fut alors à nouveau totalement prise de court, ce vouvoiement la déstabilisant à nouveau. Témoins de l’évolution constante de la perte de mémoire et de la stabilité mentale de la belle française, ces derniers propos ne pouvaient que terroriser la charmante blonde, cette dernière se figeant – là – juste au dessus de sa compagne. Ne sachant plus quoi faire – totalement déstabilisé et elle-même remplie de très nombreux doutes – la jeune femme ne tarda néanmoins pas à laisser quelques impulsions la faire réagir à nouveau, ses mains venant attraper Dominura comme elles le pouvaient, l’attirant à elle afin de la force à se relever – bien que sa force ne soit sans doute pas assez conséquente pour cela :

    - Ca suffit, lève-toi.

    Sa gorge restant nouée de douloureux sanglots, Ludmila semblait alors proche de la perte de patience, sa conscience lui hurlant ses tors quant à la maladie de Dominura, tandis que son cœur était lui-même déchiré par le manque de confiance de cette dernière vis-à-vis d’elle. L’avait-elle seulement mérité ? Non. Pas à ce point, non. Et cette injustice ne manquait pas de l’enrager, la jeune femme – les joues rosies par les émotions diverses – ne tardant pas à ajouter avec fermeté et amertume :

    - Si tu préfères croire ce que te dis cette ordure, libre à toi. Tu sais très bien que tout est faux, Dominura ! Tu le sais, alors pourquoi nous faire subir cet enfer, hein ?!

    Sa colère s’accroissant au fil des mots, Ludmila lâcha finalement prise sur sa compagne, faisant nerveusement un tour sur elle-même tout en portant l’une des mains vers son visage, en dégageant quelques mèches de cheveux – vers l’arrière. Sourcils froncés, la jeune femme commençait alors à sentir sa tête souffrir de cette trop grande pression, ses nerfs étant portés à rude épreuve, tandis qu’elle ne pouvait s’empêcher de continuer, malgré la détresse de sa compagne :

    - Je t’ai toujours aimé. J’ai fais des efforts. Et JAMAIS, je n’ai profité de toi ! Qu’est-ce que tu crois ?! Que je serais capable de me pourrir la vie à tes côtés, en attendant que ça arrive ?!


    Consciente qu’elle y allait sans doute un peu fort, la jeune Russe ne pouvait néanmoins s’arrêter, souhaitant cette fois-ci aller au bout des choses, et ne pas laisser ce sujet en suspend – ceci risquant certainement de les déchirer de nouveau, à l’avenir. Ainsi – tournant quelque peu en rond sur une surface très réduite du salon – Ludmila continua, plus ferme et déterminée encore, tandis que son regard restait rivé sur sa compagne :

    - Je t’interdis de le revoir. Je t’interdis de parler une seconde de plus à ce type, c’est clair ?!

    BamBamBam
    BamBamBam

    Comment te dire
    ...

    - Tu iras voir un autre psychiatre, s’il le faut. Mais plus jamais tu ne verras cet escroc ! ~

    Comment te dire, que ces ordres sont pour moi mon unique carapace, face à tes troubles ? Je ne sais plus quoi faire, tu sais. Je ne sais plus comment te parler, comme réagir, tandis que mes propres songes ne me permettent plus d’être la femme douce et attentive dont tu aurais sans doute besoin. Peut-être devrais-je simplement te laisser seule, un moment ? Peut-être as-tu seulement besoin de repos, afin de retrouver tes esprits ? Je ne sais pas, si je serais capable de te regarder à nouveau dans les yeux, lorsque cette crise sera passée.

    Je m’en veux tu sais, d’être incapable de prendre soin de toi moi-même.
    Je m’en veux de te cacher cette chose si importante, qui sans doute t’aiderait à comprendre tes troubles.
    Je m’en veux plus encore, de ne pas pouvoir tout te révéler, dès maintenant.

    Il est trop tôt.
    Tu ne me le pardonnerais pas.
    Tu ne le supporterais pas.

    Bam
    Bam

    Je ne peux plus t’aider.
    Je ne peux plus rien,

    Incapable -

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Dominura Romley
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Jeu 26 Mai 2011 - 23:27

    ~ Emportée dans ses terribles songes, la grande femme ne savait plus vraiment si elle préférait demeurer dans cette horreur chronique et horripilante ou bien se confronter au monde réel et à la violence de Ludmila. En effet, cette dernière semblant ne pas pouvoir se calmer de son emportée colère, Dominura ne voulait plus tellement devoir lui faire face, sachant pertinemment que si elle se retrouvait être parfaitement elle-même, elle hésiterait franchement quand à lui porter violence. Oui, une violence physique et terrible comme un fouet, afin de la faire taire, lui faire ravaler ses paroles.

    Je ne suis pas une idiote.
    Je ne suis pas conne, Ludmila, tu le sais, ça ?!
    Tu crois vraiment que c'est en me brutalisant, que j'irai mieux ? Ha, ha, ha, laisse-moi te dire que tu te trompes. Et une voix, dans ma tête, me demande de me détacher de toi. Présentement. Oui, là, maintenant. Immédiatement. Pourquoi demeures-tu seulement auprès de moi, si tu trouves encore que mon comportement est aberrant ? J'en ai assez. J'en ai assez, de toi, qui ne veux pas voir, qui ne veux pas comprendre, comme aveuglée dans ton petit cocon qui te laisses croire que tu connais tout sur tout, que tu es la déesse qui serait en mesure de superviser tous ces évènements.

    Je ne me contrôles pas.
    Crois-tu vraiment que je le fais exprès ?
    Mon dieu, que tu es naïve... Dire que je croyais, que tu étais fine psychologue.
    Il t'est finalement impossible d'appliquer tes connaissances sur moi ?

    Bordel.
    Tu es si douée, Ludmila !!
    Pourquoi me fais-tu tant souffrir ? Est-ce que cela te fait rire ? Est-ce que cela t'amuse, de me voir me tordre de peur, de douleurs, de souffrances, à tes pieds ? J'aurais préféré mourir, crever, que de me montrer ainsi à ta personne. C'est terrible. J'aimerais disparaître, une bonne fois pour toutes. Rejoindre mon fils, si c'est pour n'avoir que de toi des reproches, des rancœurs, de la violence.

    Quitte-moi !
    Va t'en, si c'est vraiment ce que tu désires !

    Je ne prends pas garde à tes paroles. Oui, tout ce que tu me dis semble se perdre dans le néant qui a désormais pris possession de mon âme toute entière. Je n'ai pas de comptes à rendre. J'aurais aimé pouvoir t'aimer, tout simplement. Mais comment aimer quelqu'un comme toi, qui nies ce qui se passe devant tes yeux ? J'ai été faible, tu n'étais pas là. Mon esprit est tiraillé, détruit, torturé, et tu n'as eu rien d'autre à faire, que de me pousser dans les bras de ce terrible personnage, me le reprochant à présent.

    Est-ce seulement ma faute ?
    Arrête donc, avec tes sermons. Tu ne sais rien. Tu ne veux pas savoir.

    BamBamBamBamBam

    Fermant un instant les yeux avec douleur – Des larmes coulant toujours sur ses joues pâles tandis que Ludmila s'était défaite de son étreinte – la grande femme se perdit une fois de plus dans ses songes, la voix coléreuse de Ludmila semblant comme résonner au fond de sa boite crânienne, accentuant avec violence sa migraine déjà bien trop présente, menaçant de la faire imploser, au sens strict du terme.

    Tu semble convaincue, que je PREFERE le croire plutôt que toi ? Quelle blague.
    Tu semble convaincue, que je fais EXPRES, de nous faire vivre un enfer ?!

    Seraient-ce des repproches ?
    Es-tu seulement sérieuse ?

    Ha... Ha ha ha ha... Non, non, non, je n'y crois pas... Tu n'as pas laissé entendre des choses pareilles, c'est tout simplement impossible...

    BamBamBamBamBamBamBamBamBam.
    Quelques nouvelles phrases. Résonnantes. Claquantes. Blessantes. Étrangement incomprises. Arrivées là comme une météorite, sans prévenir, simplement d'une voix froide et terrible, comme le jugement dernier.

    Je t’interdis de le revoir.
    Je t’interdis de parler une seconde de plus à ce type,
    C’est clair ?!
    Tu iras voir un autre psychiatre, s’il le faut.
    Mais plus jamais tu ne verras cet escroc ! ~

    Je t'entends, mais je le déplore. Je t'entends, mais ai cette envie terrible, de te vomir : Comment oses-tu me parler ainsi, comme si j'étais une enfant ?! « C'est clair » ? Je ne suis pas une gamine, ni même un chien ! Je ne suis pas celle à laquelle l'on parle comme une parfaite idiote, à qui l'on impose une décision sans s'expliquer ! Tu crois que c'est si facile, de me faire ainsi changer à ton gré, sous ta bonne convenance, alors que c'est toi, TOI, qui m'a poussée à aller le voir, qui m'a vendue à lui, contre mon gré tout d'abord ? Tu m'as prise en traitre. Et maintenant que je suis sous l'aile de cet homme, tu oses me reproché d'avoir pu croire ses thérapies ?! Comment peux-tu me faire ça. Ce n'est pas de ma faute ! Ce n'est pas de ma faute, bordel, et tu le sais bien !

    Je ne suis pas une petite fille, que l'on trimballe à son gré, de familles d'accueil en familles d'accueil, sans lui demander ce qu'elle en pense !

    Je ne suis pas responsable.
    Je ne suis pas totalement responsable, de ce qu'il m'arrive.

    BamBamBamBamBamBamBam

    Bouillonnant intérieurement, la grande femme, comme retrouvant une once de lucidité pourtant mêlée d'un désespoir et d'une incompréhension toujours persistantes étant donné ses multiples troubles, laissa alors sa voix claquer, d'une fureur angoissée, comme ne sachant trop que faire sinon prendre la défense de ce corps médical qui était censé l'aider, sous la bénédiction de Ludmila elle-même :


    « TU TE CONTREDIS !! C'EST TOI, QUI M'A FORCEE, EN ME DISANT QUE CE SERAIT MIEUX POUR NOUS, POUR TOI ! COMMENT PEUX-TU M'INTERDIRE CA, COMME CA, SANS PREVENIR, SANS MEME PENSER QUE JE NE SUIS EN RIEN RESPONSABLE DE CES RENDEZ-VOUS DE MERDE ! Je n'y crois pas... Je... Je n'y crois pas !! »

    Debout, elle tituba de quelques pas en arrière, compressant sa tête entre ses mains fines mais puissantes, comme pour faire fuir la migraine tout en s'éloignant quelque peu de Ludmila. Puis, sa voix claqua à nouveau :

    « Un escroc !! Ha, ha ! Personne ne m'aide. Qui, donc, aurait raison ?! Je ne sais plus quoi penser. VOUS ME RENDEZ FOLLE ! Je t'ai toujours cru, je t'ai toujours fait confiance, jusqu'ici, mais tes réactions me dépassent ! TU NE VEUX PAS, QUE J'AILLES MIEUX !! »

    Se perdant de nouveau en de terribles sanglots, elle tourna alors les talons, se rendant dans la salle de bains de l'appartement avant de se laisser tomber à terre, sans même fermer la porte de la petite pièce. Rapportant ses genoux contre sa poitrine, enlaçant ses jambes de ses bras, la grande femme laissa alors sa tête s'enfouir dans ce petit cocon, se balançant légèrement d'avant en arrière, comme pour se rassurer, en de longs gémissements d'un volume peu important.

    HhhHhhnnnNnn~ HhhHhhnnNn~

    Ma tête... Ma tête...
    Saurais-je simplement dire... Qui je suis ?

    Je perds mes cartes,
    Petit, à petit,
    Le jeu se dissout,
    Comme tous ces bons moments partagés

    Ma vie est un enfer
    De par la faute de ce roi de pique,
    Terrible ennemi de mon cœur de pierre,
    Fragmenté entre ses doigts masculins.

    Pièce,
    Par pièce,
    Je me disloque,

    Mais serai toujours tienne, petit chat,
    Tellement je t'aime,
    Sentiment indestructible bien qu'instable.
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Ludmila W. Ivanov
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 1:04

    Je ne te prends pas pour une idiote, non. Je ne tente pas de tout contrôler, comme mon attitude peut ici te le laisser croire. Je suis seulement totalement dépassée, terrorisée à l’idée de te voir ainsi en proie à cette crise de paranoïa étrange, entremêlée de ces troubles mémoriels, probablement dus à ta maladie. Comment pourrais-je te l’expliquer, tandis que je garde pour moi ce secret, depuis plus d’un an ? Tu sais, que je ne peux appliquer mes connaissances sur toi, n’est-ce pas ? Je suis toute bonnement incapable de me détacher de mes propres sentiments, afin de t’aider à surmonter tes craintes. Je me sens terriblement visée, coupable et à présent plus que jamais considérée comme telle, à tes yeux. Cela ne m’amuse pas, de crier ainsi sur toi. Cela ne m’amuse pas, de te voir te débattre à mes pieds, t’effondrer en ces sanglots qui me brisent. Ma peur de te perdre a raison de moi, me poussant à agir telle la conjointe indigne que tu dénonces aujourd’hui.

    Je n’ai pas su te protéger, de tes maux, de tes craintes.
    Mon instinct m’a alors poussé à te confier à cet homme, en qui je me suis forcée à porter une confiance aveugle. Les conséquences sont sans doute bien pire que ce que j’avais pu imaginer, en songeant à la médiocrité de ce psychiatre commit d’office. Aurais-je seulement pu imaginer à quel point cet homme serait mauvais, et plus que ça encore, malfaisant ? Je n’ai rien vu. Je n’ai rien voulu voir.

    BamBamBam
    BamBamBam

    Elle-même prise d’une migraine terrible face à tant d’émotions négatives, la jeune Russe restait donc ainsi terriblement nerveuse auprès de sa compagne, ne sachant plus quoi lui dire, ni même quoi faire pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas le monstre qu’elle semblait être, à première vue. Son amour sans doute – si puissant – ne faisait que la guider davantage sur la mauvaise pente, Ludmila pensant inconsciemment que crier sur Dominura afin de la faire réagir était pour elle le meilleur moyen de lui faire comprendre son inquiétude et sa sincère attention à son égard. Incapable de retrouver son calme tant toute cette histoire la chamboulait, la jeune femme ne pu néanmoins que se prendre une grande claque en pleine figure lorsque sa compagne laissa à nouveau entendre sa voix, de quelques hurlements véridiques et terrifiants.

    Je me contredis, oui. Tu as raison. Je t’ai forcé à accepter cette thérapie, parce que je pensais – à l’époque – que cela serait sans doute le mieux à faire, compte tenu de ton état mental. Je pensais, que c’était ce qu’il y avait de mieux pour nous, pour Edan – oui – mais surtout pour toi. Pour moi ? Penses-tu réellement que cela m’importait ? Je n’ai jamais voulu me débarrasser de toi, comme tu sembles le croire. J’étais seulement – et je suis toujours – totalement incapable de gérer la situation, épuisée par le rythme que nous imposait alors notre fils, dépassée par tes sautes d’humeur, incompréhensibles à mes yeux. Ne suis-je pas bien trop concernée, pour pouvoir moi-même t’apporter la thérapie dont tu as besoin ? Car tu en as besoin, oui. Tu as besoin de parler à quelqu’un, de te défouler et de t’ouvrir à nouveau au monde. Tu ne voulais pas m’en parler. Tu n’as jamais voulu me dire, ce que ce psychiatre pouvait te raconter, ce que tu lui avouais – toi. Ne penses-tu pas, que cela aurait pu nous aider ?! Je ne suis pas l’unique fautive. Mais tu me traites comme telle.

    Dominura s’étant finalement levée, Ludmila n’avait pas cessé de la suivre du regard, ses sourcils restant froncé d’une tension persistante et douloureuse. Ses lèvres s’entrouvrant tandis qu’elle souhaitait répondre à ces premières accusations, la jeune Russe fut néanmoins contrainte de se taire, sa compagne continuant de plus bel. Face à cette femme qui semblait soudainement quelque peu plus lucide mais non moins violente dans ses propos – peut-être au contraire – Ludmila resta donc totalement passive, sentant seulement son ventre se tordre d’une appréhension terrible, comme présentant ce qui serait pour elle les quelques mots de trop de la part de sa belle.

    Personne ne t’aide ?! Tu ne le penses pas. Et si tu m’as réellement toujours accordé ta confiance, pourquoi changer ainsi soudainement d’avis ? Pourquoi venir m’agresser en ce jour, pour avoir simplement déplacé cet album photo de malheur ? Le sujet dévie totalement, n’est-ce pas ? Tu divagues, et je me perds à mon tour dans tes élucubrations, qui ne font qu’accroître les miennes. Comment pouvons-nous seulement nous en sortir indemnes ? Il est trop tard à présent, pour faire demi-tour.

    « TU NE VEUX PAS, QUE J'AILLES MIEUX !! »

    Que… Quoi ?!

    Sentant à nouveau une violente vague de colère s’emparer d’elle à ces derniers mots, Ludmila ne put alors que serrer ses poings, se retenant tout juste de ne pas fondre sur sa compagne afin de lui faire ravaler ses paroles. Comment pouvait-elle seulement dire cela, alors même que Ludmila passait son temps à faire son possible pour que tout se passe bien ? Certes, la jeune Russe faisait parfois quelques erreurs, sa maladresse et son impulsivité la menant parfois à se montrer agressive et intolérante – ce qui ne lui ressemblait pourtant absolument pas, en temps normal. Mais n’était-il pas clair que la jeune femme faisait malgré tout son possible pour rassurer et soulager la femme qu’elle aimait ?

    Depuis plus d’un an, je ne vis que pour toi. Depuis plus d’un an, je passe mon temps à penser à toi, à essayer de te changer les idées. La naissance de notre fils t’inspire-t-elle donc tant d’horreur ? Tu n’es plus la même, depuis sa naissance. Et si j’ai cru te voir progresser durant quelques semaines, voilà que tout empire à nouveau. Est-ce ma faute ? Tu as sans doute raison. Oui, si cela peut te faire plaisir : Tout est ma faute, je ne veux pas te voir aller mieux. Mais si cela est ce que tu penses, Dominura, je n’ai alors plus rien à faire auprès de toi, n’est-ce pas ? Va-t-en, oui. Fuis-moi, avant que je ne décharge à nouveau sur toi de nouvelles horreurs.

    Bam
    Bam
    Bam

    Dominura s’éclipsant en de déchirants sanglots, Ludmila sentie quant à elle son cœur s’effondrer sous tant de pression, se retrouvant à présent seule au beau milieu du salon. Sentant son pouls frapper violemment sa tempe, la jeune femme ne pu que craquer à son tour, laissant sa gorge se dénouer un instant des sanglots qui y étaient restés bloqués. Portant sa main jusqu’à sa bouche afin d’étouffer ces derniers, la jeune femme ne put alors supporter cette nouvelle solitude, déversant des flots de larmes tout en se dirigeant à son tour hors du salon. Retrouvant sa chambre en seulement quelques secondes, Ludmila s’agita alors sans réellement réfléchir, dégageant sa valise du haut de l’armoire avant de l’ouvrir violemment sur le lit. Réalisant peu à peu – et plus encore que précédemment - qu’elle avait fait une terrible erreur en mentant consciemment à sa belle concernant sa maladie, la jeune Russe ne pouvait alors plus supporter de continuer à vivre comme si de rien était, et ce d’autant plus maintenant qu’elle se rendait compte de ce que pouvait penser Dominura d’elle.

    Si tu penses que je suis celle qui t’enfonce dans cette dépression, soit. Tu n’auras donc rien contre le fait que je m’éloigne quelque temps, n’est-ce pas ? Je ne peux plus supporter cette situation. Et si je crève de te laisser ainsi, mon impulsivité soudaine me dit néanmoins que ceci semble être la meilleure solution. J’ai besoin de recul. J’ai besoin d’espace, pour ne pas ruiner ce qu’il peut rester de notre amour. Car je t’aime tant, tu sais… Et je sais, que tu m’aimes également. Ne m’avais-tu pas fais promettre de te le rappeler, en cas de situation telle que celle-ci ? J’en suis incapable. Pourquoi vouloir ainsi lisser notre relation, sur la base de cette dernière ne repose plus que sur ces mensonges, ce manque de confiance mutuel ?

    J’ai besoin de temps, pour appréhender l’instant, où il me faudra tout t’avouer. Je sais à présent, que rien ne pourra réellement s’arranger, si je ne te fais pas part de cette terrible nouvelle. Tes souvenirs se perdent, ta mémoire se fragmente. Et la méconnaissance de la cause de tout cela te pousse à me haïr, à croire cet homme, que tu n’aurais jamais pu prendre au sérieux, en temps normal.

    Bam
    Bam
    Bam

    En moins de quelques minutes, la jeune femme avait recueillit dans sa valise le minimum vital, préférant – plutôt que d’avoir à passer par la salle de bain, et croiser Dominura – continuer dans l’optique de passer par la suite au supermarché, et ce afin d’acheter ce qui pourrait lui manquer. Passant pas la suite par la chambre d’Edan – qui alors était resté calme, mais semblait à présent très inquiet – la jeune femme attrapa quelques piles de vêtements lui étant destinés, les apportant à leur tour jusqu’à sa valise.

    SBAM

    Posant cette dernière à terre, la jeune femme la fit rouler jusque dans le hall, puis attrapa par la suite son manteau, ainsi que celui d’Edan.

    Clac
    Clac

    Je ne peux pas te laisser notre fils, tu comprends ? Te savoir ainsi songer à Edouard, à sa mort, ne cesse de m’angoisser. Te savoir ainsi violente envers toi-même, inconsciente de la réalité, ne me permet pas de te faire confiance à son sujet, cette fois-ci. J’ai peur. J’ai peur de te le laisser, Dominura. Pour la première fois depuis sa naissance, je crains de te voir lui faire du mal, plus par mégarde que par pur volonté. Je sais, que tu l’aimes à en mourir. Je sais également, que tu m’accuseras sans doute d’avoir volé ton bébé. Mais qu’importe ? Je ne te laisserai pas notre fils, au péril de sa vie – et ce même si cela doit perturber son quotidien, ses habitudes. Comme pour ne pas me raviser, je n’imagine pas même ton horreur, lorsque tu découvriras que je suis partie, avec lui. Je sais, que tu me haïras, que tu penseras que je fais tout ceci pour te détruire.

    Ca n’est pas le cas.

    Je tente ici de nous protéger – nous – tout en protégeant notre enfant.

    Clac
    Clac

    En un rien de temps, Ludmila avait attrapé le sac contenant tout le nécessaire pour Edan, avant de finalement l’installer contre son torse, dans le porte-bébé auquel il était à présent bien habitué. Silencieux et visiblement curieux face à tant d’agitation, le petit laissa seulement échapper quelques gazouillements anxieux, sentant très certainement les battements anormalement rapides du cœur de sa mère contre lui. Son fils et elle couverts, Ludmila prit donc la direction du hall d’entrée, accrochant le sac d’Edan contre son épaule, bientôt suivi de son sac à main. Hop. La valise. Le téléphone. La clé.

    Et la porte se referma, sur cet appartement à présent uniquement occupé par la belle illustratrice.

    ~

    Je suis partie.
    Nous sommes partis,
    Mon Amour.

    Pourras-tu seulement me pardonner, cette fuite qui pour moi semble être la meilleure solution à nos conflits ? Tu as besoin de te retrouver, loin de moi. Et si je souffre déjà de t’enlever ainsi ton enfant, je ne pouvais néanmoins me résoudre à te le confier, compte tenu de cette récente crise. Je ne pouvais pas, te le laisser. Et si cela peut te sembler tout à fait impensable, j’aurais bel et bien été terriblement inquiète, à le savoir seule, avec toi. Tout peut arriver. Tout peut arriver, lorsque tu te trouves dans un tel état.

    Et toi ? J’ai peur. Peur de te laisser seule.
    Mais je ne peux supporter l’idée, de te faire face à nouveau.
    Sais-tu, que tu es aujourd’hui parvenue à me faire douter, de nous ?
    Si je ne peux vivre sans toi, je ne sais pas plus si j’aurai la force, de continuer avec toi.

    Mon cœur se déchire, de ces sentiments opposés.
    Je ne te hais pas. Je t’aime, à en souffrir le martyr.
    Je t’aime, jusqu’à vouloir mourir, d’avoir entendu ces mots, de ta bouche.

    J’ai besoin de ta confiance.
    Je croyais pouvoir tout te dire.
    Je croyais, que tu me disais, tout.

    Tu m’as blessée,
    Tu m’as détruite.

    Tout est ma faute.
    J’ai besoin d’aide.

    Pardonne-moi,
    De ces larmes que je déverse à présent, pour toi.
    De ces sentiments qui me rongent, me tiraillent.

    Ne m’oublie pas.
    N’oublie jamais,

    Comme je t’aime.



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Dominura Romley
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 13:46

    ~ Dominura, ne sachant plus vraiment où elle se trouvait, pourquoi elle se trouvait en de telles circonstances morales et mentale et ni même pourquoi elle s'emportait ainsi dans toute sa peur, toute sa frayeur, tout son effroi, s'était alors retrouvée dans la salle de bains, éternel endroit de secours pour ses fuites de crises. Pourquoi pas son atelier ? Trop grand. Trop encombré. Trop plein de caractéristiques de ses états. Pourquoi pas la chambre ? Trop lointaine. Trop passée de la présence de Ludmila. Alors... Il restait la salle de bains. Oui, cet endroit clair, aseptisé, démuni de toutes traces sentimentales, comme une pureté qui n'était réservée qu'à l'obscurité de l'âme.

    C'est ici, que je me retrouve,
    Lorsque je sens, que tout va mal dans ma tête, dans mes esprits.

    C'est ici, que je bats retraite,
    Quand je sens que je pourrais davantage me sentir incontrôlable.

    Je ne veux pas te faire de mal, mon amour...
    Je ne veux pas vous faire davantage de mal...
    Je t'en prie...

    BamBamBamBamBam

    La grande femme, perdue dans ses pensées mais également ses renfermements, ne quittant alors plus sa bulle de malheur et de fuel, se balançait alors d'avant en arrière, en un besoin terrible de se rassurer, de s'apaiser de cette situation qui la dépassait. Que s'était-il passé, exactement ? Comment avait-elle pu laisser une chose pareille se produire ? Les instants de lucidité semblaient se perdre dans un manque sérieux de souvenirs, avant que ces derniers ne ressurgissent à nouveau, mêlés à la voix résonnante de Ludmila, à celle du psychiatre lui-même. Son enfant ? Oh, elle n'y pensait plus guère, en cet instant, tandis qu'elle savait inconsciemment que ce dernier se retrouvait en sécurité entre les bras et les soins de sa conjointe. Comment pouvait-elle en douter ? Impossible.

    Ludmila était tout de même bel et bien là, lorsqu'il le fallait.
    Et si elle devait partir, au loin, sans doutes ne laisserait-elle jamais dépérir sa famille,
    Cet enfant, qu'elle aimait tant.

    Les doutes de Dominura s'avéraient-ils fondés ?
    La jolie blonde allait-elle clairement partir, l'abandonner, en la séparant de son enfant, son petit bébé, encore si jeune ? Non... Non... Ce n'était pas possible. Sur ce point, elle espérait toujours, corps et âme, que le psychiatre s'était totalement trompé sur ce fait. La charmante psychologue ne pouvait pas lui faire une chose pareille, n'est-ce pas ?

    BamBamBamBamBam

    Je n'entends plus rien.
    Plus aucun bruits.

    BamBamBamBamBam

    Et mon corps s'emporte, d'autant plus. Je me calme, là, pourtant encore terrifiée, prise dans mes sombres pensées... Mais... Je n'entends plus aucun bruits ? Plus rien, ne vient jusqu'à mes oreilles, que ce soit venant du salon ou de la chambre de notre petit garçon... Le silence, comme celui de l'absence. Que...

    BamBamBamBamBam

    Relevant alors la tête, de grosses larmes coulant toujours sur ses joues pâles et creuses, la grande femme finit par se redresser totalement, regardant tout autour d'elle comme si ce monde pouvait désormais lui paraître terriblement lointain. Trouvant la force de se redresser totalement, se retrouvant sur ses chaussures à talon vert anis, elle passa ses mains sur sa robe en un geste vif, histoire d'en chasser très simplement les plis, avant de pincer ses lèvres entre elles, gardant son mutisme chronique – Quoiqu'entrecoupé de quelques sanglots. Passant ses doigts sur ses joues afin d'en chasser les larmes, elle jeta très simplement un œil dans le miroir, ne se reconnaissant pas totalement, dans cet état proche de la destruction.

    Ça suffit !

    Tournant les talons, elle regagna alors le salon, ne pouvant plus réellement faire face à sa propre image, se renfermant une fois de plus dans quelques Illusions déplacées. Ça suffit. Ça suffit. Je veux que tout ceci s'arrête... Est-ce seulement possible ? Je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus quoi penser... Comment encore évoluer, tandis que tout semble s'effondrer autour de moi .

    Peut-être as-tu tout simplement raison, Ludmila,
    Je ne suis pas faite pour la raison. Je suis complètement folle.
    Mais pourtant ? Je me raccroches. Je ne peux pas...
    Tout laisser se disloquer de la sorte.

    Jamais... Jamais !

    Clac
    Clac
    Clac
    Clac

    Un regard, partout, dans chaque pièce, toujours aussi silencieuses. Une panique montante, à la manière de son rythme cardiaque : Que... Quoi ?! Non... C'est impossible... Ludmila... Tu ne peux qu'être là, n'est-ce pas ? Tu ne serais pas partie... Tu ne serais pas partie... Avec mon enfant ?!


    « EDAN !! »

    Poussant un cri déchirant lorsqu'elle se retrouva avec le petit lit vide de son adorable enfant, la grande femme quitta rapidement la pièce, une nouvelle angoisse grandissant en elle alors que les larmes coulaient de plus belle, plus lourdes et épaisses encore qu'auparavant. Ses mouvements maladroits la portèrent à droite, à gauche, sans qu'elle ne puisse se contrôler, laissant entendre d'une voix claquante, désespérée, mêlée d'une haine sans égale – Cette dernière ne naissant alors que par l'incompréhension de l'Illustratrice :

    « LUDMILA ?! LUDMILA ! QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ?!! RENDS-MOI MON FILS ! RENDS-MOI MON ENFANT !! NoooOOoOoOOoN~ ! »

    Prise d'une panique sévère, d'une peur sans égale face à ces terribles évènements, Dominura se rua alors vers ses meubles, attrapant alors un tableau qui se trouvait là, le balançant à ses pieds, ce dernier explosant dans un bruit de ferraille et de verre brisé, arrachant un cri de colère et de surprise rageuse à la grande femme qui avait reculé afin de ne pas se prendre quelques débris dans les chevilles.

    BamBamBamBamBam


    « REVIENS !! RENDS-MOI CE QUE TU M'AS PRIT ! JE TE DETESTE ! JE TE HAIS !! »

    Véritable furie, elle prit en chasse de nombreux malheureux objets du salon. Ainsi, vases, livres, tableaux, bibelots, tout fut envoyé à terre avec hargne, haine, désespoir.


    Je fais rien que des bêtises,
    Des bêtises,
    Quand mes yeux pleurent.


    BamBamBamBamBam

    Comme il me l'avait dis
    Tu m'as abandonnée
    Ne reviens jamais

    Depuis tout ce temps
    Tu m'as menti...

    Tu n'auras fait
    Que me mentir ?

    Je ne peux pas y croire.
    Et je me souviens, de cet amour,
    Qui ne brillait que pour moi,

    Tout comme le mien me déchire,
    Si loin de toi,

    Tuez-moi.
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 14:52

    L’une de ses mains étant occupée par la valise lorsqu’elle sortie de l’appartement, Ludmila ne manqua pas de passer la seconde contre le dos de son petit Ange, soucieuse de rassurer ce dernier, malgré la situation dramatique dont il était à présent la principale victime. Ne pouvant cesser de sangloter suite à ce départ précipité et sans doute quelque peu impulsif, la jeune Russe avançait donc à très grands pas jusqu’à finalement trouver un taxi, y montant sans réellement savoir où aller. Face à la demande du chauffeur – qui semblait alors peu réceptif à la souffrance de sa nouvelle cliente – cette dernière lui laissa alors entendre qu’elle souhaitait simplement sortir du quartier, qu’il n’avait qu’à la déposer proche de l’hôtel d’une grande chaîne assez réputée pour être propre, calme et confortable. Ce dernier approuvant d’un simple signe de tête, il ne tarda donc pas à démarrer, laissant la charmante blonde à ses problèmes, son fils dans les bras.

    Etouffant un nouveau sanglot tandis que son regard passait par la fenêtre – voyant défiler et s’éloigner la rue où se trouvait leur immeuble – la jeune femme prit néanmoins sur elle pour garder au minimum son calme, posant bientôt les yeux sur son adorable petit garçon, alors des plus sages. Pouvant lire dans ses adorables yeux une inquiétude non négligeable – Edan ne comprenant visiblement pas ce qu’il se passait, voyant ainsi sa mère pleurer tandis qu’ils s’éloignaient de leur tendre foyer – Ludmila ne manqua pas de passer l’une de ses mains contre ses petites joues douces, lui adressant un vague sourire afin de le rassurer. Attentive et aimante malgré ses propres déchirures à ainsi quitter sa conjointe, la jeune femme lui laissa alors entendre quelques murmures, encore tremblants de sanglots :

    - Ne t’en fais pas mon bébé… Tout ira bien

    Je t’aime, tu sais ? Jamais je ne t’aurais ainsi enlevé à ta mère, si je n’avais eu de réels doutes, concernant sa capacité à s’occuper de toi, suite à cette crise. Jamais je ne t’aurais fait subir cette angoisse du changement, cette séparation brutale, non. Mais je ne pouvais pas rester. Je ne pouvais pas rester avec elle, tandis que je ne peux plus supporter cette situation, qui chaque jour dégénère. J’ai quelque chose à lui avouer. Il faut qu’elle sache, mais ça n’était pas le moment. Et puis… Veut-elle réellement me voir à ses côtés, tandis qu’elle pense de moi ces horreurs ? Je souffre tant, tu vois ? Tes mères s’aiment bien trop fort, pour parvenir à rester raisonnables. Et je ne sais plus, finalement, si notre couple est véritablement fait pour durer.

    Bam
    Bam

    Nous nous sommes déjà séparées à plusieurs reprises, plus ou moins longtemps, n’est-ce pas ? Pourquoi n’ai-je pas pu seulement rester loin de toi, lors de ton retour d’Australie ? Pourquoi suis-je ainsi retombée dans tes bras, niant nos souffrances passées, comme ignorant que tout pouvait à nouveau recommencer ? C’est différent. Cette fois-ci, c’est différent. Je pars, car je ne me sens plus capable de surmonter tes crises, ma culpabilité, face à cette maladie dont tu es inconsciente. Peut-être as-tu raison. Peut-être que je ne veux pas te voir aller mieux ? Je n’y crois pas une seule seconde. Et pourtant, qu’ai-je fais pour toi, sinon aggraver davantage la situation ? Mon Amour t’est nocif, violent. Je ne peux plus gérer ça.

    Bam
    Bam

    Le taxi arrivant finalement à destination, le chauffeur ne manqua pas d’aider Ludmila à sortir toutes ses affaires de son coffre, cette dernière se dirigeant donc par la suite jusqu’à l’accueil de cette hôtel modestement luxueux : Tout juste ce qu’il fallait, pour elle comme pour son fils. Allait-elle réellement le garder ici, avec elle ? Ludmila n’en était pas certaine, sentant d’ores et déjà une certaine culpabilité s’emparer d’elle à l’idée de le séparer ainsi de Dominura. Quoi qu’il en soit, la jeune femme prit – au cas où – une chambre destinée à accueillir un enfant en bas-âge, tel que lui. Hop, hop. En un rien de temps, Ludmila pénétra donc dans cette chambre d’hôtel, y déposant sa valise et le sac de son fils. Ce dernier fut par ailleurs bientôt libéré de son étreinte, la jeune Russe l’installant confortablement dans le lit propre et frais de cette grande chambre – ne souhaitant pas réellement le laisser dans l’espèce de cage dépliable qui était ici mise à disposition. Une fois le petit bordé au milieu du lit et protégé par des barrières de coussins – ce dernier ne quittant pas sa mère des yeux, la suivant d’une attention soucieuse et curieuse – la jeune Russe se releva finalement, attrapant son téléphone dans son sac.

    Clac
    Clac

    S’isolant dans la salle de bain, la jeune femme porta donc l’appareil à son oreille, visiblement très nerveuse.

    # Claude ROMLEY
    Appel en cours…

    Que pouvait-elle faire de plus, sinon appeler à l’aide la seule personne sur cette terre susceptible de l’aider, sans que cela ne cause de tors à la réputation de l’illustratrice ? Bernard était bien trop impliqué dans sa vie professionnelle passé, et n’avait certainement pas à savoir pour sa maladie. Jeanne ? Il ne manquerait plus que ça. La mère de cette dernière quant à elle avait déjà bien d’autres soucis, tandis que Ludmila n’appréciait guère le jeune frère de sa compagne. Ainsi, Claude semblait ici le seul à pouvoir l’aider à arranger la situation, la jeune Russe ne se sentant absolument plus capable de révéler elle-même les raisons de son comportement ces derniers mois vis-à-vis de son aimée.

    Ton psychiatre – bien qu’il ne soit qu’un abruti de première – avait peut-être raison sur certains points, tu sais. Je ne suis pas si irréprochable, que je voudrais pourtant l’être. Je te cache quelque chose, oui. Mais n’était-ce pas pour tout bien ? Tu n’aurais jamais voulu avoir notre petit Trésor, si tu avais su. Tu n’aurais jamais accepté, n’est-ce pas ? Je ne voulais pas voir ta vie gâchée par l’appréhension, la retenue. Que se passera-t-il, lorsque tu sauras ? Cela ne va-t-il pas te faire sombrer davantage ? J’ai si peur, de te voir te perdre plus encore, dans les méandres de tes songes. Je n’ai voulu que t’en protéger, tant que cela nous était encore possible.

    Mais maintenant ? Tes troubles mémoriels m’inquiètent, tu ne les comprends pas. Je ne peux pas te laisser dans cette inconscience forcée, tandis que la connaissance de ta maladie pourra peut-être t’aider à accepter ces maux, ces doutes. Tu ne deviens pas folle, non. Tu es seulement malade. Et je souffre tant, de te savoir ainsi souffrante, de comprendre que – sans doute – tu me seras enlevée, bien trop tôt.

    Je ne veux pas te voir sombrer.
    Je ne veux pas te voir perdre doucement la mémoire, la vie.
    Combien de temps avons-nous encore devant nous ?

    Peut-être est-ce déjà fini.
    Peut-être ne me pardonneras-tu pas, mes mensonges, ce secret.
    Je ne l’accepterai jamais, tu sais ? Et si je suis partie aujourd’hui,
    Ca n’est que pour prendre le temps de réfléchir au mieux à tout cela,
    Tout en te permettant d’en faire de même, de retrouver tes esprits.

    Tu es si loin de moi.
    Comment ai-je pu,
    Mon Amour ♠



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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 16:10

    ~ Alors que la grande femme qu'était Dominura se retrouvait à présent seule dans son grand appartement New-Yorkais, dépourvu de toute raison, maudissant l'absence de Ludmila tout comme celle de son fils qu'elle chérissait tant, elle ne pouvait pas réellement se douter de la destination qu'avait prise son aimée, ignorant bien entendu que cette dernière s'était alors logée dans un hôtel de la ville. Que pouvait-elle y faire, alors ? Hors de question qu'elle s'arme de son téléphone portable : Qui, pourrait-elle bien appeler ? Ludmila ? Plutôt mourir. Un ami, une amie ? Elle n'en avait pas vraiment, dans cette immense cité. Sa famille ? L'illustratrice ne se sentait guère de reprendre contact avec eux pour simplement se défouler de cette vie qu'elle ne pouvait plus supporter. Pouvait-elle vraiment se plaindre ? Non. Non. Non. Jamais, elle ne laisserait entendre un quelconque mot à ses frères, à sa sœur, à sa mère, concernant ses troubles. Cela sonnait comme tout simplement impensable.

    Ainsi fut-elle désespérément seule,
    Vouée à elle-même,
    Ne pouvant guère plus aller se confier à son psychiatre~

    Maudite, maudite vie.

    ~

    De l'autre côté du globe, dans un pays de taille bien plus modeste que la grande Amérique, un homme se promenait, dans les rues de Bordeaux, rejoignant calmement les quais de la ville, d'une humeur calme et tranquille. A y regarder de plus près, cet homme n'était autre que Claude Romley, le frère de Dominura, sans doutes celui qui se souciait le plus de l'état de sa petite sœur, malgré la grande distance qui les séparait. Oh, s'il ne pensait pas spécialement à cette dernière dans un moment pareil, rajustant son manteau sous la fraicheur du vent des côtes malgré le soleil haut et rayonnant, l'homme ne manquait pourtant pas de se poser, bien souvent, des questions sur la vie de l'Illustratrice : N'avait-elle pas regretté, d'avoir quitté la France, et puis, Londres ? Évoluer en toute sérénité à New-York ne devait pas être chose facile, ainsi avait-il prit la peine de l'appeler, il y avait de cela moins d'un mois.

    Mais depuis, pas de nouvelles.
    Que devenait-elle, alors ?

    Ayant laissé sa femme et ses enfants à la maison pour se rendre à un rendez-vous d'affaires, Claude en était finalement sorti, rejoignant donc les grandes étendues d'un béton harmonieux qui recouvraient les nouveaux quais de la ville, décidant alors de se détendre quelque peu l'esprit dans un des bars qui dominaient l'eau de la Garonne, choisissant un charmant endroit qu'il connaissait bien, non loin de la Place de la Bourse. Tap, Tap, Tap, Tap, quelques pas encore, et il fut arrivé.

    Vérifiant très simplement son I-phone, histoire de voir s'il n'avait pas quelques nouveaux messages ainsi que de probables appels en absence, il abandonna finalement son appareil sur sa petite table ronde – Ce dernier ne lui annonçant aucun interlocuteur – et prit sa commande, relativement rapidement :


    « Un café, s'il vous plait. Hep ! Attendez... Oui, hm, si vous pouviez, y mettre trois sucres. Merci ! »


    Étonné, le serveur lui adressa finalement un sourire, après avoir haussé les sourcils en une expression approbatrice : Cet homme était bien curieux, ma foi ! Trois sucres ? Cela ne courrait pas les rues – Bien souvent, il avait même à récupérer les sucrettes, que les clients délaissaient sur le bord des coupelles de porcelaine blanche. Mais, ni une, ni deux, après avoir disparu cinq bonnes minutes à l'intérieur du bar – Claude s'étant installé en terrasse – l'homme de service revint, la note ainsi que la boisson du français à la main. Le jeune Romley le remercia alors, et, très naturellement, régla l'addition – Laissant même un pourboire dans la main de celui qui avait été si adorable malgré sa requête quelque peu spéciale.

    Hop, hop, hop, ni une, ni deux,
    Et Claude se retrouva à ouvrir sa sacoche, jetant un œil à quelques dossiers tout en sirotant son café encore brûlant.

    Comment pouvait-il seulement se douter, qu'à quelques centaines de kilomètres de là, sa chère sœur, Dominura, était dans un de ses pires états ? Comment pouvait-il connaître, les détails de sa vie, sa manipulation par le psychiatre, la fragilité de son âme, ses craintes et ses peurs ? Du peu qu'il la voyait, elle ne se laissait que très rarement emporter par ses émotions, ne laissant alors absolument rien deviner, derrière ses airs calmes mais enjoués, ses multiples sourires. Oh, certes, le mariage de Jeanne avait constitué à lui seul une exception non-négligeable. Mais encore ? Cela ne suffisait pas, pour annoncer la gravité de ce qui pouvait se passer dans les songes de la dessinatrice.

    Pire encore,
    Le pauvre homme ignorait tout, de ce qui pouvait toucher Dominura, d'un point de vue médical.
    Et si sa mère était atteinte de la maladie d'Alzheimer, il ne le savait en rien pour ce qui était de sa sœur, Jeanne ayant toujours gardé silencieusement pour elles les résultats aux tests.

    Comment voudrais-tu que je sache,
    Petite sœur ?
    Je vis ma vie, entouré de ma femme, de mes enfants.
    Je vois, ma famille, même si je regrette toujours ton absence.

    Ainsi va la vie, n'est-ce pas ?
    Je ne pourrais jamais rien t'imposer,
    Seulement te faire comprendre à quel point je voudrais prendre soin de toi,
    A quel point je tiens à toi, malgré nos différences, malgré ta distance,
    Lorsque tu es auprès de nous, telle une bénédiction.

    ~

    # Tililili-loum tililili-loum-loum ♫♪ #
    # Ludmila IVANOV #
    Réception d'appel.

    Haussant quelque peu les sourcils de surprise, réprimant un sursaut non négligeable qui lui souleva étrangement le cœur à la vibration atroce de son Iphone contre le métal de la table de terrasse, Claude laissa sa main fondre sur l'appareil, y jetant un œil rapide, non sans s'y arrêter un instant, interdit, une foule de pensées refaisant surface dans ses esprits pourtant d'ordinaires très calmes.

    Ludmila ?
    Mais pourquoi l'appelait-elle ?
    Que se passait-il ? Y avait-il un problème concernant Dominura ?
    Était-elle mal en point ? A l'hôpital ? Ou... Peut-être... Pire ?
    Impossible...

    Décrochant alors l'appareil, l'homme dût se retrouver face à un éternel doute de la non-réponse. A vrai dire, la belle blonde – Qu'il n'avait alors pas beaucoup croisé, de sa vie – semblait quelque peu chamboulée, et, à la fin de leur brève conversation, conscient qu'il y avait dans cet appel comme un certain caractère d'urgence, Claude laissa entendre, dans un anglais courant et parfaitement maitrisé, de par ses multiples connaissances en matière de langues :


    « Je prends le premier avion pour New-York. Prenez soin de vous Ludmila~ »


    Sans doutes, de lecture, les paroles de Claude semblaient quelque peu froides, mais la réalité en était tout autre : Si un caractère soucieux pouvait bien se faire entendre dans les quelques mots qui avaient clos la conversation, l'homme avait toujours, au fond de sa voix, ce timbre déterminé mais rassurant. Il donnait alors sa parole. Il serait à New-York, aussi vite que possible.

    ~

    Après avoir prévenu sa femme et ses enfants de la gravité de la situation – Ne pouvant supporter aucun malheur, surtout s'il s'agissait de sa sœur – Claude rassembla quelques biens personnels avant de prendre sa sacoche légère et de rejoindre le premier avion pour la Grande Pomme, conscient qu'il n'y arriverait pourtant pas avant un certain moment, étant donné la longueur du voyage ainsi que le décalage horaire non négligeable. Tant pis, qu'à cela ne tienne ! Il ne pouvait pas rester là, dans sa jolie petite ville, les bras croisés.

    Bam Bam Bam

    ~

    New-York.
    20h58.

    Sa sacoche à la main, Claude arriva finalement à l'hôtel où résidait Ludmila, après huit bonnes heures de voyage ainsi que tous le trafic qui lui avait été imposé à son arrivée en ville. Quelle ne fut pas la torture intérieure, pour lui, de se dire qu'il se rendrait à l'hôtel afin de voir la compagne de sa sœur, sans même pouvoir se rendre à l'appartement de cette dernière, qui devait toujours être seule ? Cependant, il tenta de passer au-dessus de tout ça, sortant du taxi en remerciant de chauffeur, gardant sa sacoche noire auprès de lui.

    Finalement, il arriva au bar de l'hôtel, seulement deux minutes avant l'heure du rendez-vous. Quelque peu exténué, il prit la peine de s'asseoir à une table carrée, un peu à l'écart du barman en lui-même, ainsi que des autres occupants de la pièce, sans pour autant directement commander.

    Il attendrait Ludmila, pour ça.
    Je t'en prie, rejoins-moi au plus vite,

    Car si rien ne se voit sur mon visage, derrière mes lunettes sévères et cette barbe charmante, mal rasée, je crains ce rendez-vous : Que vas-tu m'apprendre ? Qu'est-il arrivé à Dominura ?
    J'ai besoin de savoir.
    Aies pitié de mon pauvre cœur de frère, Ludmila,

    Même si elle n'a pas l'habitude de parler de nous,
    Je connais, son amour fraternel, pour moi,
    J'existe.
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 17:36

    Après maintes réflexions intérieures, Ludmila avait donc finalement décider d’appeler le frère ainée de Dominura à l’aide, ne pouvant plus gérer cette situation d’elle-même. Consciente que laisser simplement passer le temps n’arrangerait en rien leur relation, la jeune femme cédait donc ainsi à un secours extérieur, non sans que cela ne soit extrêmement difficile vis-à-vis de sa propre fierté. En effet, l’orgueil de la charmante Russe devait ici être mis de côté, cette dernière préférant agir – pour une fois – plus raisonnablement. Claude saurait sans doute quoi faire, pour rassurer sa sœur. Il saurait quoi faire pour l’aider, et surtout, pourrait s’assurer qu’elle ne fasse pas de bêtise, en l’absence de Ludmila. Qu’était-elle par ailleurs en train de faire, à présent seule dans l’appartement ? Ceci était sans aucun doute la plus grande crainte de la jeune Russe, cette dernière ne pouvant s’empêcher d’imaginer le pire : Dominura s’était sans doute rendu compte de l’absence de sa compagne et de son fils, à l’heure actuelle. Comment avait-elle réagit ?

    Mon téléphone reste sans appel. Et je m’inquiète, de ce que tu peux être en train de penser, d’imaginer. Je ne voulais pas t’abandonner, ni même te voler notre fils, tu sais ? Je ne veux pas te faire plus de mal, bien que ma décision n’en provoque, inévitablement. Me pardonneras-tu, toutes mes erreurs ?

    -

    Après avoir donc brièvement expliqué la situation à Claude, Ludmila fût finalement rassurée d’apprendre que ce dernier prendrait le premier avion afin de la rejoindre. Bien trop anxieuse pour tenir compte de l’apparente froideur – qui n’en était pourtant pas – du jeune homme, la jolie blonde déposa donc finalement son téléphone sur la table de chevet de l’hôtel, son regard se posant avec amour et regrets sur son petit Trésor, qui alors ne semblait pas réellement prêt à s’endormir, bien au contraire. Avait-il faim ? Cela n’allait sans doute pas tarder. Ludmila devait donc se tenir prête, n’ayant pas réellement songer à prendre son lait en poudre de secours, dans la cuisine. Ainsi ne tarda-t-elle pas à déloger le petit de sa confortable position, ce dernier émettant quelques gémissements anxieux, visiblement désorienté. Le rassurant de quelques tendres murmures, la jeune femme l’installa donc à nouveau contre son torse après l’avoir soigneusement couvert, prête à sortir acheter ce qu’il manquait à leur vie provisoire à l’hôtel.

    Tic
    Tac

    Se rendant dans le centre commercial le plus proche, Ludmila fit donc ce qu’elle avait à faire, sentant son cœur continuer à battre avec appréhension, quant à ce qu’il s’était passé durant les dernières heures. Claude serait à l’hôtel aux alentours de vingt-et-une heure, ce qui lui laissait encore énormément de temps à combler, si elle ne voulait pas trop songer à sa souffrance. Ainsi – suite à ces quelques courses, qu’elle ramena à l’hôtel – la jeune femme commença à songer à ce qu’elle pourrait faire pour occuper son enfant cette après-midi, sans grand succès.

    Le parc ? Non. Il faisait bien trop froid, pour y rester avec Edan. L’aquarium ? Ludmila ne se sentait pas réellement d’humeur à s’y rendre, cette sortie ayant été pensée en compagnie de l’illustratrice, quelques jours plus tôt. Ainsi se contenta-t-elle pour l’instant de rester dans sa chambre, faisant jouer son enfant avec les quelques jouets colorés et musicaux qu’elle lui avait acheté au passage.

    Malheureusement, l’angoisse persistante du petit quand à ce nouvel environnement, les pleurs de Ludmila et l’absence de Dominura, ne manqua pas d’imploser, à l’heure du déjeunée. Tandis qu’elle ne pouvait pas même avaler le sandwich qu’elle s’était achetée, la jeune femme se rendit rapidement compte du fait que son fils n’était pas davantage prêt à avaler ce lait artificiel, repoussant avec violence et sanglots le biberon qu’elle tentait de lui fourrer dans la bouche. Sans entrer dans les détails, l’après-midi de la jeune Russe devint alors progressivement un véritable enfer : Edan ne voulait pas se nourrir, ne cessait de hurler, et semblait à présent lui en vouloir de l’avoir mis dans cette situation. Ainsi tenta-t-elle de le rassurer durant des heures, en vain. Finalement, le petit parvint – aux alentours des dix-heure – à s’endormir d’épuisement, sous les tendres caresses de sa mère dépassée.

    Pleures-tu l’absence de ta maman, mon Trésor ?
    Je sais, qu’elle te manque. Elle me manque déjà, également.
    Je voudrais pouvoir oublier ce qu’il s’est passé ce matin, ce qu’elle m’a dit.
    Je voudrais que jamais, elle n’ait douté ainsi de moi, de mon amour et de ma sincérité.
    Comment a-t-elle seulement pu se laisser manipuler ainsi, et croire à ces bêtises ?
    Je lui en veux, tout autant que je comprends, que tout est ma faute.
    Nous ne pouvons pas rentrer maintenant – J’en suis désolée.

    Bam
    Bam

    N’était-ce pas terriblement injuste, de priver ainsi Dominura et Edan de leur présence mutuelle ? Evidemment, oui. Ludmila en était plus que consciente, s’en voulant énormément de leur imposer ainsi ce choix, qui pourtant lui semblait inévitable. Oh, sans doute devrait-elle bien céder, face au regard implorant de son enfant, qui – finalement, et malgré son jeune âge – savait bien comment lui faire comprendre ce qu’il désirait.

    ~

    Vingt-et-une heure.

    Edan s’était déjà réveillé depuis plus d’une heure. D’abord sage et tranquille, le petit n’avait pas tarder à s’effondrer à nouveau en quelques puissants sanglots, ses cris aigus commençant par ailleurs à angoisser davantage sa jeune mère. Après avoir tout essayé – les jeux, un bain, des massages, etc. – Ludmila ne parvenait toujours pas à apaiser son petit, ni même à lui donner à manger. N’avait-il pas faim, depuis ce matin ? Oui, cela semblait inévitable. Mais loin de sa mère biologique, l’enfant ne semblait pas apte à accepter de se nourrir, faisant ainsi payer à la jeune Russe – peut-être involontairement – de l’avoir ainsi éloigné de son environnement habituel, et plus encore de Dominura.

    Quelque peu énervée et fatiguée par tous ces efforts vains, la jeune femme décida donc finalement de vêtir son petit afin de l’emmener avec elle à son rendez-vous avec Claude – ne pouvant consciemment le laisse seul dans la chambre. Prenant son biberon encore chaud et entièrement plein dans une main, la jeune femme avait une nouvelle fois installé le petit contre elle, non sans souffrir des coups de pieds qu’il lui offrait parfois, tandis qu’elle descendait les étages de l’hôtel, en direction du bar de ce dernier.

    Clac
    Clac

    - Arrête de pleurer chéri… Shh… Ca suffit…

    Consciente que l’enfant allait finir par s’attirer les foudres des autres clients de l’hôtel, Ludmila n’y portait néanmoins que peu d’attention, bien trop mentalement occupée pour ne pas se soucier de ce problème mineur. Qu’ils aillent au Diable, se disait-elle. Dominura lui importait davantage, tandis qu’elle n’avait eut aucune nouvelle jusqu’à présent – chose qui ne manquait pas de l’inquiéter.

    Clac
    Clac

    Reconnaissant Claude installé à une table, Ludmila n’hésita pas une seconde, le rejoignant d’un pas vif tandis qu’Edan continuait à hurler comme un martyr. Ses traits étant tiré d’une nervosité chronique qu’on ne lui connaissait guère habituellement, la jeune femme gardait donc les sourcils froncés quant à cette situation détestable, soucieuse du bon déroulement de sa confrontation avec le frère de son aimée :

    - Bonsoir…

    Sa voix se faisant plus faible, bien moins enjouée que ce que l’homme avait pu voir d’elle au mariage de Jeanne, Ludmila se montrait néanmoins relativement classe et polie, offrant une bise à son beau-frère avant de s’installer face à lui, calant ainsi Edan plus confortablement contre elle, dans une position qui lui permettrait de le forcer à avaler son lait. Jonglant entre son attention pour son fils et le sérieux de la conversation qu’elle souhaitait engager avec Claude, Ludmila leva un instant les yeux vers lui, laissant entendre, des plus sincère :

    - Merci d’être venu… Je… Je crois que je ne m’en sors pas trop,

    Un léger rire clairement nerveux et coupable s’échappant d’entre ses lèvres avant que quelques larmes ne lui montent aux yeux, Ludmila sentie une vague d’impatience la traverser lorsqu’Edan repoussa à nouveau violemment son biberon, un cri plus puissant et plus aigue encore se faisant entendre de sa part. Baissant donc les yeux vers lui en un regard soucieux et désolé, la charmante Russe mit un instant son interlocuteur de côté – estimant que ce dernier pouvait bien comprendre – laissant donc entendre à son enfant, maternelle, tendre, mais totalement dépassée par les évènements :

    - Allez Trésor… S’il te plait, fais un effort… Shh

    Ses lèvres se refermant en un tendre baiser sur le front du petit, tandis qu’elle tentait de le bercer sans lui transmettre sa nervosité – sans succès, de toute évidence – Ludmila insistait donc pour qu’Edan accepter de boire. Oh, sans doute le petit se sentait-il bien trop angoissé, pour ainsi céder. Le contact et l’aura de sa mère alors des plus déstabilisé n’était-il pas par ailleurs un facteur important de son refus ? Ludmila le sentait, oui. Et tandis que son regard se reportait sur Claude, la jeune femme se força à un léger sourire d’excuse, étouffant un sanglot tout en lui expliquant, se sentant visiblement coupable d’être ainsi incapable de combler son petit garçon, malgré ses grands efforts, tout à fait respectables :

    - Il n’a rien avalé depuis ce matin…

    Voudrais-tu bien m’aider, avec lui également ?
    Je ne peux pas songer à Dominura, si je pense ainsi à Edan.
    Mais je ne pense visiblement pas assez à Edan, bien trop troublée par mes songes, pour Dominura.
    Je ne sais plus comment faire, prisonnière de ma culpabilité, de ces sombres pensées.

    Elle me manque tant, tu sais ?
    Je n’aurais peut-être pas dû partir ainsi.
    Mais maintenant ? Il est trop tard.
    Elle me tuerait -

    Il faut qu’elle sache.
    Il faut que quelqu’un lui dise, pour sa maladie.
    Et cela ne peut pas être moi, n’est-ce pas ?

    -

    Mon Amour.
    Me croirais-tu seulement,
    Si je tentais de t’expliquer,
    Pourquoi ?


    J’aurais dû t’en parler plus tôt.
    Et déjà je regrette, toute cette histoire.

    Je t’aime tellement.
    Je ne te mérite pas.
    Je ne vous mérite pas.

    Bam
    Bam


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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 18:59

    ~ Claude n'eut pas réellement à attendre, assis seul à sa table sans avoir encore commandé, la belle Ludmila le rejoignant bientôt, tenant alors son fils dans les bras. Relevant les yeux vers le charmant duo qui se présentait alors à lui, l'homme eut un fin sourire, accueillant et rassurant. Contrairement à la dernière fois qu'ils s'étaient vus, la jeune Russe semblait tout à fait anéantie, fatiguée, et détruite par les nombreux évènements de sa vie mais sans doutes également exténuée par ce petit bout de chou qui semblait prêt à tout sauf à se calmer, gesticulant contre sa mère comme un petit démon. Faisant la bise à sa belle-sœur, très calmement, Claude se contenta de la laisser s'installer, silencieusement, ne laissant en rien voir sa panique pourtant bien existante au fond de lui, de ses esprits torturés par le voyage et la crainte d'apprendre quelques terribles nouvelles au sujet de sa sœur. Ludmila allait-elle lui dire que tout était terminé ? Que Dominura aurait besoin de lui afin de supporter les procédures de la garde d'enfant, ou bien ce genre de choses ? Seul le temps le dirait, Claude ne doutant pas un seul instant du fait que Ludmila ne tarderait pas, d'elle-même, à lui laisser entendre ce qui allait de travers dans la situation.

    Au bonsoir de Ludmila, le jeune Romley rajusta ses lunettes, s'installant un peu plus confortablement sur son siège, portant vraisemblablement toute son attention à la psychologue – Qui se débattait toujours pour tenter de nourrir le petit garçon, inconsolable et perturbé – esquissa un léger sourire calme, et, dans un signe de tête, laissa entendre à son tour :


    « Bonsoir Ludmila~ J'ai fait au plus vite »


    Oui, je n'ai eu qu'à peine le temps de prévenir ma femme, mes enfants, mes collègues... Sautant dans le premier avion de l'aéroport, ce dernier allant – Dieu merci – directement à New-York. Qu'aurait été alors le temps d'attente, si j'avais dû tout d'abord rejoindre Paris ? Sans doutes n'aurais-je pas été là avant demain... Et qui sait, ce qu'il peut se passer, en une soirée, dans un pareil cas.

    Voyant Ludmila relever les yeux vers lui afin de lui faire entendre de nouvelles paroles, le jeune homme resta un instant silencieux, recevant les remerciements de Ludmila non sans une certaine gêne, laissant comprendre par son regard ce qu'il pensait : Mais c'est tout à fait normal, Ludmila, la famille n'est-elle pas faite pour soutenir ses membres, en cas de besoin ? Et, malgré les réticences de certaines personnes du côté des Romley, je te considère comme faisant partie de cette famille. Après tout, n'es tu pas celle, qui a su redonner un sourire sincère à ma sœur, à qui je tiens tant ? Tu es également la mère de mon neveu. Que te dire de plus, sinon que je trouves parfaitement normal que je te gratifie de ma présence ? Si je peux être utile... Je ferai, tout ce qui est en mon pouvoir.

    Il n'y avait pas à dire, Claude était bien un homme d'exception, contrairement, par exemple, à son frère Benjamin, bien plus léger que lui, bien moins altruiste. Vraisemblablement, Claude avait en lui de nombreux principes, et tenait à sa famille, sans pourtant se montrer trop pesant pour cette dernière, lui laissant toute sa liberté. Sans doutes cela était-il parfaitement honorable.

    Bam Bam Bam

    Esquissant un léger sourire tordu en remarquant effectivement que Ludmila avait quelque peu du mal à se débrouiller avec tous les évènements qui lui étaient tombés dessus – Et notamment la garde précipitée de son fils – Claude n'eut pourtant en rien une expression moqueuse, compatissant sur le sujet, ayant déjà été père à plusieurs reprises. Son regard calme ne quittant plus la belle blonde, aussi apaisé que pouvait l'être un homme sérieux, le jeune Romley laissa alors entendre, se redressant très simplement :


    « Peut-être devrions-nous garder notre calme. Je vous offre quelque chose à boire ? »


    Montrant bien qu'il n'avait en rien loupé ou ignoré les propos de la jolie blonde, il se releva ensuite et se pencha au-dessus de la table, tendant ses jolies mains mâles vers le petit garçon, afin de l'attraper et de s'en charger afin de dispenser Ludmila de nouvelles angoisses tandis que leur conversation tendait à garder un certain sérieux bénéfique. Ses yeux intenses se posant sur le bébé qui ne pouvait alors que reconnaître une part de sa mère dans cet homme qui lui était pourtant si différent, Claude prit donc Edan dans ses bras, ce dernier gesticulant un peu avant de se calmer, sous la voix calme mais autoritaire et rassurante du jeune Romley :

    « Allez Edaaan, viens voir ton oncle. ♥ Tu vois ? On est bien là non ? Allez, shhh, petit chat, calme toi un peu... Tu ne vas pas te laisser mourir de faim, hmh ? »


    Claude se rasseyant avec Edan contre lui, ce dernier cessa ses crises, ses pleurs, se contentant de regarder son oncle, comme ébahi, ouvrant de grands yeux et tentant d'attraper sa cravate de ses petits doigts d'enfant, gazouillant quelques sons plutôt encourageants. Bien. Peut-être pourraient-ils alors avoir un peu de calme ? Sans doutes faudrait-il pour le bébé qu'il se rassure un peu de l'aura effrayante de sa mère avant de pouvoir décider de manger quelque chose, non ? Claude montrait alors à Ludmila son bon vouloir quant à la garde du petit garçon sur lui pendant quelques temps, si cela pouvait la décharger et l'apaiser quelque peu.

    Après tout, n'était-ce pas également ça, le soutien familial ?
    Et puis. Un oncle ne pouvait être que ravi, de voir pour la première fois son si beau neveu.

    Souriant à l'enfant d'une tendresse presque paternelle, Claude releva ensuite les yeux vers le serveur qui était arrivé à leur hauteur, demandant un café bien serré, avec... trois sucres, à nouveau. Parfait frère de Dominura ? Il n'y avait pas à en douter. Dans le fond, ils se ressemblaient beaucoup. Jetant à nouveau un œil à Ludmila, le jeune homme laissa alors entendre, d'une voix légèrement amusée, choisissant de tenter de détendre un peu les angoisses de la jolie blonde :


    « Vous m'excuserez, je préfères prendre un café plutôt qu'autre chose, vous comprenez, un long et intense voyage... »


    Souriant à nouveau, il perdit pourtant peu après cette expression amusée, gardant pourtant sa bienveillance chronique, s'inquiétant tout de même de l'état de Dominura. Où était-elle, exactement ? Pourquoi ne pouvait-elle pas être en ces lieux ? Pour quelles raisons, avait-elle été détachée de son enfant ? Que voulait lui dire Ludmila, de si important ? Pinçant légèrement ses lèvres entre elles, ses sourcils bruns se fronçant en une légère expression soucieuse, Claude laissa alors entendre, sans jamais détacher ses mains du petit garçon qui regardait à présent sa mère, depuis les bras de son oncle, silencieusement :

    « Il me semble... Que vous aviez quelque chose à m'apprendre ? »


    Personne ne sait, que je suis ici,
    Hormis ma femme, mes enfants, que je me devais de prévenir.
    Ma mère, ne sait pas que je suis dans la même ville que ma sœur.
    Jeanne, n'a pas été mise au courant.
    Même Benjamin, qui m'a appelé tandis que je me rendais à l'aéroport, ne sait rien.

    Je suis venue pour toi, pour vous,
    Pour Elle, Ludmila.

    Je t'en prie,
    Dis-moi tout,
    Je te suis tout ouïe,

    Présent,
    Attentif.
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 20:24

    Claude avait-il fait au plus vite, pour se rendre auprès de sa famille ? Ludmila n’en doutait pas, lui en étant par ailleurs extrêmement reconnaissante. S’était-elle réellement attendue à une si vive réaction de la part de son beau-frère ? Non, puisqu’elle ne l’avait guère cotoiyé, au fond. Ainsi cette visite express ne pouvait que lui faire davantage plaisir, la jeune Russe se voyant rassurée d’être ainsi soutenue par un membre de la famille de Dominura. Evidemment, la jeune femme ne doutait pas du fait que Claude était là avant tout pour sa petite sœur, et non pour soulager ses propres états d’âme. Ainsi se sentait-elle coupable de lui imposer ainsi sa nervosité, qui sans conteste se répercutait sur l’attitude et le moral de son charmant neveu.

    Bientôt, Claude laissa entendre qu’il valait mieux garder leur calme, chose que la jeune femme ne pouvait qu’approuver. Quelque chose à boire ? Cela n’était pas une mauvaise idée, oui. Laissant finalement le jeune homme prendre Edan dans ses bras – lui offrant un sourire désolé mais également très reconnaissant – Ludmila passa finalement l’une de ses mains dans ses cheveux blonds, tentant de calmer les battements bien trop vifs de son cœur. Les pleurs de son fils ne tardant pas à cesser sous les paroles rassurantes de son oncle, la jeune femme sentie son corps se soulager de l’oppression de ces précédents sanglots, qui étaient parvenus – tout au long de cette journée – à aggraver sa douloureuse migraine. Laissant échapper un léger souffle tandis qu’elle parvenait doucement mais surement à retrouver sa capacité à réfléchir, Ludmila déposa finalement le biberon de son enfant sur la table du bar, comme invitant Claude à tenter lui-même de nourrir cet enfant troublé.

    Regardant un instant son fils – qui, après avoir tenté d’attraper la cravate du jeune homme, s’était mis à l’observer – Ludmila lui adressa un tendre sourire, tentant de balayer les quelques larmes qui brillaient encore dans ses beaux yeux bruns. Ravie de voir que le petit se sentait visiblement plus serein à présent, la jeune mère ne pouvait néanmoins s’empêcher d’imaginer que ce dernier ne voulait simplement plus d’elle.

    Me détestes-tu, mon Trésor ?
    Oh, j’imagine que tu es seulement bouleversé, et davantage troublé par mes propres ondes négatives, n’est-ce pas ? Je suis désolée, de t’avoir ainsi arraché à ta mère, à ton foyer. Je suis désolée d’être incapable de contrôler cette aura que je dégage, tandis que je souffre moi-même terriblement de cette détestable situation. Mais sais-tu seulement, que je fais ce qu’il me semble être le mieux, pour toi ? Je fais ce que je peux – oui – et ce bien que cela ne soit visiblement pas suffisant.

    ~

    Après avoir hésité quelques instants lorsque le serveur vint prendre leur commande, Ludmila demanda finalement à Claude s’il pensait rester un peu suite à leur conversation, lui expliquant qu’elle aurait besoin d’un petit verre d’alcool pour se détendre, mais qu’elle ne pouvait se le permettre s’il n’était pas là ensuite pour veiller sur Edan – au cas où. Se montrant prudente sur le sujet, Ludmila fut néanmoins soulagée lorsque le jeune homme approuva son désir de se laisser aller à ce simple verre, en ayant vraisemblablement réellement besoin. Ainsi commanda-t-elle une vodka, non sans adresser un simple sourire au serveur, par politesse.

    Ses mains continuant à trembler tant la jeune femme semblait anxieuse, cette dernière ne trouva rien à redire au choix de Claude, lui adressant un hochement de tête calme, comprenant bien que son voyage avait dû être éprouvant. Et puis, ne valait-il mieux pas que l’un deux – au moins – reste totalement sobre, afin de prendre soin du bébé qui les accompagnait ? Cela était certain. Trois sucres ? La jeune Russe ne put que remarquer cette similitude entre Dominura et son frère, ceci ne manquant pas de lui serrer un instant le cœur.

    Face au regard bienveillant du jeune française – qui par ailleurs parlait l’anglais à merveille – Ludmila se sentie tout d’abord quelque peu mal à l’aise, ne sachant pas exactement comment elle allait finalement s’y prendre pour lui expliquer la situation actuelle. Ainsi, lorsque Claude posa la question, la jeune femme se sentie paniquer un instant, son visage pâlissant aux battements incessants et brutaux de son cœur.

    J’ai quelque chose à t’apprendre, oui.
    Mais comment te dire ? Comment te dire, que ta sœur est malade, et que je ne lui ai jamais dis ? Comment t’avouer, qu’elle est en ce moment en proie à des crises de paranoïa, qui aujourd’hui se sont plus que jamais retournées contre moi ? Dominura me fait peur, parfois. Elle me fait peur, tant ses propos se font incohérents, destructeurs. Oh, je ne crains pas pour ma vie, non. Je crains pour la sienne, mais également pour sa relation, avec Edan. Edouard n’en viendrait-il pas à occuper tous ses songes ? J’ai peur de la voir les comparer, ne plus savoir qui est de ce monde, qui ne l’est plus. Elle ne va pas bien, et ce psychiatre ne nous a en rien aidées.

    Bam
    Bam

    Tentant de laisser entendre quelques mots en entrouvrant la bouche un instant, Ludmila sembla portant rapidement changer d’avis, refermant cette dernière en un gémissement d’impuissance et d’épuisement. Claude pouvait ici facilement se rendre compte du fait que la jeune femme était à bout, cette dernière attrapant par ailleurs son petit verre de vodka, le buvant d’un seul coup avant de le laisser retomber mollement sur la table face à elle. Sentant son souffle s’emporter tandis qu’elle n’arrivait pas à dire ce qu’elle avait à faire comprendre à son interlocuteur, la jeune femme fut surprise de voir que ce dernier lui commanda une autre verre, non sans que cela ne la gène quelque peu. Etait-ce bien raisonnable ? Pinçant légèrement ses lèvres entre elles, Ludmila accepta néanmoins, après avoir simplement laisser entendre, troublée :

    - Je… Merci

    Merci, oui. Et ce même si je m’inquiète tout de même des conséquences que cela pourrait avoir par la suite, sur mon attitude. Un deuxième verre n’en entraine-t-il pas un troisième ? Et un troisième, un quatrième ? Ceci se passa finalement ainsi, et ce en moins de quelques minutes. Se laissant aller à ces boissons qu’elle sentait peu à peu soulager son corps de ses maux, la jeune Russe ne put que commencer à se détendre face à son beau-frère, et ce bien que ses tremblements ne restent bien présents. L’alcool parvenant à l’aider à retrouver confiance en ses mots, la jeune Russe – qui avait bu assez vite pour déjà sentir sa vue se brouiller – parvint finalement à laisser entendre le son de sa voix, consciente qu’il fallait à présent cesser de boire, et dire à Claude ce pour quoi il se trouvait aujourd’hui sur le continent américain :

    - Dominura est porteuse du gène de votre mère. Je le sais depuis un an et… Jeanne aussi, oui. Jeanne le sait, depuis longtemps… Je n’ai pas voulu lui dire, pour la protéger. Et maintenant je… Elle ne va pas bien du tout, depuis son accouchement. Son psychiatre lui laisse croire que je la manipule. Il… Quand elle est rentrée aujourd’hui, elle m’a tout avoué et… Elle… Elle a parlé d’Edouard, elle ne savait plus réellement qui j’étais, disait que je lui avais volé son enfant et…

    Ne sachant trop si cette tirade était compréhensible pour son interlocuteur, Ludmila semblait alors à présent lui offrir son entière confiance, se confiant à lui avoir sincérité, non sans que le son et les tremblements de sa voix ne témoignent de son horreur, face à cette détestable situation. Lançant un bref regard à son fils – comme s’assurant qu’il n’avait pas bougé, son esprit troublé et alcoolisé commençant visiblement à lui jouer des tours – la jeune femme s’empressa d’ajouter, terriblement inquiète au sujet de sa compagne :

    - Je ne pouvais pas rester… Je n’ai pas pu et… Dominura était dans un tel état ! Je n’ai pas pu lui laisser Edan, vous comprenez ? Mais… Il faut qu’elle sache, maintenant. Il faut que quelqu’un lui dise, que quelqu’un prenne soin d’elle… Je… Je n’peux pas


    Sentant de lourdes larmes perler le long de ses joues pâles, Ludmila soutint alors avec détermination et souffrance le regard de son beau-frère, espérant sincèrement que ce dernier ait compris le sens général de ses propos – ne sachant trop si elle avait été claire, ou si son état mental commençait à lui faire dire n’importe quoi. Ses sourcils se fronçant légèrement d’une certaine appréhension, la jeune femme but finalement d’une traite le quatrième verre qui lui avait été servi, le reposant cette fois-ci en un gémissement sangloté.

    Je suis tellement désolée, Claude.
    Je suis désolée, de me décharger ainsi sur toi.
    Je suis désolée de t’imposer ces pleurs, ces maux.

    Mais ta sœur a besoin de toi, tu comprends ?
    Nous avons besoin de toi, pour arranger les choses.
    Si Dominura doit savoir, je veux qu’elle l’apprenne de quelqu’un en qui elle peut avoir confiance.
    Quelqu’un qui saura se montrer présent et rassurant, tel que toi.

    Je n’en suis plus capable.
    Elle me haïra sans doute, oui.
    J’en suis consciente,
    Et suis prête à payer le prix,
    De ce sombre secret.


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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Ven 27 Mai 2011 - 23:08

    ~ Alors que le jeune homme se retrouvait avec le petit garçon dans les bras, il ne put qu'accueillir avec satisfaction l'attention que Ludmila lui portait, cette dernière semblant avoir grandement besoin de cette aide qu'il semblait prêt à lui apporter, sans conditions. Ainsi se montra t-il terriblement ouvert, attentif, répondant avec une calme affirmation au désir de Ludmila de commander un verre de Vodka afin de s'apaiser quelque peu de ses esprits troublés. Pourquoi le jeune Romley avait-il accepté, au juste, que cette femme qui lui avait fait traverser la moitié du globe se perde dans un alcool fort à quelques minutes à peine du début de la conversation ? Sans doutes parce que ce dernier était conscient du réel besoin de Ludmila de se détacher de la réalité, laisser ses obligations, ses tracas de côté. Elle le méritait, sans doutes, et l'homme en semblait parfaitement conscient.

    Ainsi, alors qu'il commandait un café bien serré et tout aussi sucré pour lui-même, une vodka fut choisie par la jolie blonde. Hop, hop, hop, ni une ni deux, et les boissons furent apportées, quelques sourires s'échangeant tout simplement entre le duo et le serveur. Par la suite, tandis que la charmante psychologue orientait les conversations quelque peu en dehors du sujet principal qui n'était autre que Dominura, Claude prit le soin de nourrir le petit garçon, lui apportant aux lèvres le biberon que sa jeune mère avait laissé sur la table. Si, tout d'abord, le petit Edan semblait réticent à prendre sur lui pour boire autre chose que le lait de celle qui l'avait mis au monde, il finit tout de même par consentir face aux obligations que lui imposait son cher oncle, ce dernier arrivant – En toute surprise – à calmer le bébé et ainsi montrer à Ludmila qu'il ne risquait absolument rien, en sa compagnie.

    Tic Tac Tic Tac Tic Tac

    Les minutes passèrent alors, sans que l'angoisse ne disparaisse pourtant totalement des esprit du jeune homme, ce dernier se posant toujours bien des questions concernant l'état de santé physique et mental de sa sœur, celui-là même qui constituait sa principale visite sur le continent. Alors qu'une simple tasse de café avait été bue de son côté, la belle blonde, elle, descendit bien trois shooter de Vodka, et Claude ne manqua pas de lui en commander un dernier, sachant pertinemment que cela ne la rendrait pas inconsciente mais suffisamment à l'aise pour lui laisser entendre ce pour quoi il s'était déplacé jusqu'ici en toute urgence.

    BamBamBamBamBam

    Je t'en prie, Ludmila, ne me fais pas tant attendre.
    Tu sais, que je m'inquiète pour elle ? Tout autant que toi, sans doutes. Tu as beau être la personne qui partage sa vie au quotidien... Je suis tout de même son frère, cette personne, oui, qui lui a toujours donné son soutien, malgré les séparations, les aléas de la vie. Je ne supporterai pas voir la souffrance sur le visage de ma petite sœur.
    Peux-tu le comprendre ?
    Tu dois me parler... Tu le dois.

    Tic Tac Tic

    Quelques paroles.
    Beaucoup, de paroles.
    Dominura est porteuse du gène de votre mère.
    Je le sais depuis un an et…
    Jeanne aussi.
    Je n’ai pas voulu lui dire, pour la protéger.
    Elle ne va pas bien du tout, depuis son accouchement.
    Son psychiatre lui laisse croire que je la manipule.
    Elle a parlé d’Edouard, elle ne savait plus réellement qui j’étais,
    Disait que je lui avais volé son enfant...

    A ces mots, le grand homme, redressé sur son siège – L'enfant dans les bras – se figea quelque peu, face à la jeune femme qui se perdait alors en de terribles aveux. Dominura... Etait donc porteuse du même gêne défaillant que celui de leur mère ? Non... Impossible... Impossible... Demeurant interdit face à ces propos, Claude ne put pourtant qu'entrouvrir les lèvres, regardant Ludmila d'une expression d'effroi, passant sa main à sa bouche avant de recouvrir son front, ses doigts déformant ses tempes en une expression soucieuse, tandis qu'il répétait, fuyant Ludmila du regard


    « Dominura ? C'est impossible... Impossible... »


    Jeanne m'aurait-elle seulement caché un pareil fait ? Elle n'aurait jamais osé. Je suis son frère... Je fais partie de sa propre famille ! Je ne sais plus où j'en suis. Dominura... Dominura le sait-elle ? Non... Tu viens de me dire que tu n'avais pas pu lui dire... Mon dieu... Comment est-ce seulement possible... As-tu fait les tests ? Le regard perdu malgré sa grande force, sa puissance mentale, Claude reposa ses yeux troublés sur la jeune femme, comme si il ne la reconnaissait pas, d'un coup, sous l'entente de la nouvelle.

    Qui, le sait ?
    Qui donc, d'autres que vous, est au courant ?
    L'on ne pourrait me faire plus de mal,
    L'anéantir davantage.

    Mon dieu, mais pourquoi l'avoir caché, tant de temps ?

    BamBamBamBamBamBam

    Je ne pouvais pas rester…
    Je n’ai pas pu
    Dominura était dans un tel état !
    Je n’ai pas pu lui laisser Edan
    Il faut qu’elle sache, maintenant.
    Il faut que quelqu’un lui dise,
    Que quelqu’un prenne soin d’elle…
    Je… Je n’peux pas…

    Passant à nouveau ses doigts contre sa barbe mal rasée mais élégante, Claude semblait alors réfléchir à toute vitesse, à la fois terrorisé, perdu, mais toujours très stable, en clair avec lui-même, comprenant bien trop rapidement la situation. Dominura était donc en proie aux symptômes de la maladie, sans pourtant pouvoir s'expliquer ses pertes de mémoire ? Devenait-elle violente, à la remémoration de celui qui avait été son fils ? Elle avait besoin d'aide. D'une présence. N'importe laquelle. Mais Ludmila, ici présente, qui avait toujours été à ses côtés, ne s'en sentait plus capable ? Mon dieu... Qu'était-il censé faire, au juste ? Pinçant ses lèvres entre elles comme dans un signe de soucieuse réflexion, le jeune Romley réinstalla pourtant plus confortablement l'enfant contre lui, y faisant clairement attention comme à la prunelle de ses yeux, avant de s'adresser à nouveau à Ludmila, d'une voix profonde, comme cherchant à atteindre son âme, se penchant par-dessus la table afin de pouvoir capter son regard, une de ses mains massives mais élégantes attrapant l'une des siennes, d'un élan rassurant :


    « Vous pouvez prendre soin d'elle, Ludmila. La seule personne ici qui est capable de rendre ma sœur heureuse est bien vous. Croyez-moi. »


    Saches-le, Ludmila.
    Oui, je voulais te dire cela clairement, avant de te laisser entendre des choses qui te rassureront peut-être davantage. Alors, je ne me prives pas d'ajouter, conscient que je devrai alors être celui qui prendra la part des responsabilités concernant le message à rendre à ma chère Dominura :


    « J'irai lui parler. Ce soir.
    Vous sentez-vous capable de rester seule dans cet hôtel avec Edan, Ludmila ? »


    Promets-moi,
    Que tu ne feras rien qui mettra ta vie, la vie de votre fils, en danger.
    Je sais, que tu as bu.
    Mais je ne pourrai pas ainsi tenir, sachant la nouvelle, sachant que je devrai me porter volontaire pour annoncer une si terrible chose à une personne de ma famille, que j'aime tant Me comprends-tu, Ludmila ? Tu dois me faire confiance.

    Malgré les déchirures de mon cœur,
    Sachant que ma petite sœur perdra sans doutes la raison avant que je ne perde moi-même la vie,
    Sachant que Dominura ne se rappellera sans doutes plus de moi, dans quelques années,
    Je ferai tout mon possible, pour la faire sourire à nouveau.

    Ludmila,
    La personne que tu aimes est seule.
    Seule, abandonnée, dans son appartement.
    Tu comprendras
    Qu'il lui faudra mon soutien

    Le soutien d'une personne en qui elle peut avoir confiance.

    Crois en moi,
    Je partage ta douleur,
    Mais je dois pouvoir avaler ses larmes
    Avant de laisser couler les miennes,

    Tel est le rôle d'un grand frère,
    Que je soutiendrai jusqu'à ma mort,
    Sinon la sienne.
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Sam 28 Mai 2011 - 0:26

    Après s’être finalement déchargée de ce secret qui la rongeait depuis déjà de trop nombreux mois, Ludmila se sentait néanmoins toujours on ne peut plus coupable, sentant par ailleurs une certaine honte naître en elle suite à ces révélations. La prenait-il pour une parfaite idiote, à ainsi avoir caché une chose si importante à sa compagne, qui était également la principale concernée ? La jeune Russe pourrait bien évidemment, le comprendre, se trouvant elle-même – en cet instant – terriblement bête et égoïste. Certes, elle n’avait fais cela que pour la protéger, espérant intérieurement que les symptômes de cette maladie ne se manifesteraient que le plus tard possible. Mais visiblement, il était à présent temps de se remettre en question, et de partager ce sujet avec l’une des personnes les plus proches de Dominura – du moins, émotionnellement parlant.

    Son regard restant rivé sur Claude tandis que l’alcool commençait à lui brouiller gentiment l’esprit, la jeune Russe se sentie un instant défaillir, face à la réaction de ce dernier. Impossible ? Voilà ce qu’elle avait tout simplement pensé, en apprenant la nouvelle. Les résultats des tests lui étant finalement parvenus, la jeune femme avait en effet d’abord cru à une erreur, ne pouvant se résoudre à y croire. Sans doute lui avait-il fallut bien des jours, avant de finalement se faire une raison, et accepter cette triste vérité. Dominura était malade, et ce foutu gène ne tarderait sans doute pas à détruire ses plus intimes souvenirs. Détournant ainsi son regard durant quelques secondes – étouffant un souffle douloureux et angoissé – Ludmila ne semblait plus réellement savoir où se mettre, passant nerveusement l’une de ses mains contre son front, comme pour faire taire cette migraine qui continuait à la tirailler.

    Puis, la jolie blonde fut bientôt surprise de sentir la main de Claude rejoindre la sienne, relevant alors son beau regard brun dans le sien, essuyant de sa main libre les quelques larmes qui perlaient contre ses joues.

    Pourrais-je réellement prendre soin d’elle, comme tu me le laisses ici entendre ? Ces mots me touchent et me rassurent, oui. Mais comment en être sûre ? Dominura me croit monstrueuse, manipulatrice. Ou peut-être n’était-ce que sur le coup, tandis que j’avais – sans réellement songer aux conséquences – déplacé l’album photo de son petit Edouard ? Croyait-elle réellement tout ce qu’avait pu lui dire son psychiatre ? Ludmila ne pouvait en être certaine, n’ayant pas vraiment eu l’occasion de parler à sa conjointe, en toute lucidité. Ainsi se contenta-t-elle ici d’offrir un vague sourire à son beau-frère, lui étant visiblement reconnaissante pour ces quelques paroles, qu’elle osait croire, bien que quelque peu réticente.

    Tu sais, ta chère petite sœur n’est peut-être pas si heureuse, avec moi. Si nous partageons parfois de merveilleux instants, il m’est impossible de nier nos disputes, ces crises violentes et déchirantes, qui sèment bien souvent le trouve sur nos vies. J’aimerais tant pouvoir être certaine, de mes capacités à lui offrir ce qu’il y a de meilleur, plutôt que de me comporter ainsi impulsivement, prenant sans doute trop à cœur ses élans mentaux, terriblement troublants. J’aurais dû la rassurer, la protéger – comme je l’ai déjà tant fais. Mais je me suis mise en colère, exténuée d’avoir à tant me répéter, troublée par ces accusations qui – au fond – me font bien plus de mal encore que tous les coups physiques qu’elle aurait alors pu me porter.

    Bam
    Bam
    Bam

    Claude irait donc lui parler, ce soir ? Sentant son cœur se soulager d’une nouvelle oppression à cette idée, Ludmila resserra quelques peu ses doigts contre ceux du jeune homme, ne le quittant à présent plus des yeux – comme se raccrochant à la force rassurante qu’il dégageait alors. Se sentait-elle capable de prendre soin de son fils ? Bien sûr, oui. Si Ludmila avait déjà assez bu pour sentir sa vue se brouiller très légèrement, elle n’en était pourtant pas au point d’être inconsciente, ni même de risquer d’une quelconque manière la vie de son adorable enfant. Ces shooters de vodka n’étaient pas bien grands, et il semblait clair que la jeune femme avait été habitué à bien pire – et ce bien que tout cela ne commence à dater, à y réfléchir.

    Ainsi la jeune femme ne tarda-t-elle pas à étouffer un nouveau sanglot, son cœur battant à tout rompre tandis qu’elle hochait brièvement la tête, répondant ainsi positivement à la question du jeune français :

    - Oui, oui… Ca ira

    Visiblement sûre d’elle, la jeune femme ne tarda pas à ajouter, sincère et encore intérieurement très fragile :

    - Merci beaucoup… Pour Elle… Je… Je m’inquiète tant et… Elle ne doit pas être seule…

    Se perdant quelque peu dans ses propres pensées, la jeune femme laissait ainsi comprendre à Claude qu’elle aimerait le voir ici partir au plus vite afin de retrouver sa sœur, n’aimant guère l’idée de la savoir ainsi coupée de tout contact, dans leur appartement. Et si Dominura était en danger ? Cette simple idée lui donnait la nausée, Ludmila ne pouvant supporter d’imaginer sa conjointe se retrouver à nouveau à l’hôpital, ou pire encore. Qui sait ce qu’elle avait bien pu faire, durant son absence. Non, non…

    Sans doute quelque peu maladroite en laissant ainsi comprendre à Claude qu’elle aimerait le voir partir immédiatement à la rescousse de la femme qu’elle aimait, la jeune Russe s’effondra finalement en de nouveaux sanglots, lâchant la main du jeune homme jusqu’à porter les siennes devant son visage, ses coudes reposant sur la table. Restant malgré tout très droite – preuve qu’elle n’était pas totalement bourrée – Ludmila se déchargea ici quelques instants de toutes ses angoisses, ayant indiscutablement besoin de repos, mais également d’être rassurée, au sujet de Dominura. Relevant finalement les yeux vers son beau-frère – son maquillage ayant quelque peu coulé sous ces flots de larmes – la jeune femme ajouta, ses sourcils se fronçant d’une interrogation suppliante :

    - Excusez-moi, je… J’ai besoin de savoir. J’ai besoin de la savoir en sécurité… Pourrez-vous me prévenir, lorsque vous serez avec elle ?

    Se redressant afin de retrouver un peu de contenance, la jeune femme fit alors au mieux pour tenter de se calmer, puisqu’il faudrait bientôt qu’elle reprenne son enfant dans ses bras. Bien heureusement, Claude décida finalement de les raccompagner tous deux jusqu’à leur chambre, permettant ainsi au petit garçon de rester entre des bras fermes et rassurants, jusqu’à finalement être à nouveau installé dans le grand lit double. Remerciant une nouvelle fois le frère de sa conjointe, s’excusant d’avoir ainsi totalement craqué face à lui, Ludmila ne tarda donc pas à le laisser partir, espérant recevoir au plus vite des nouvelles de Dominura.

    Bam
    Bam

    Il est parti.
    Elle va savoir,
    Me haïr.

    Bam
    Bam

    Se déshabillant rapidement, Ludmila profita de la fatigue de son enfant – qui alors était déjà en train de s’endormir – pour aller prendre une douche rapide et se remettre les idées en place. Hop, hop. S’habillant de sa chemise de soie rouge, la jeune femme ferma finalement les épais rideaux de la chambre, avant de se faufiler à son tour – et discrètement – dans ce lit si peu familier, étrangement inconfortable à ses yeux. N’y trouvant pas l’odeur rassurante ou encore la douceur de son aimée, Ludmila ne tarda néanmoins pas à se tourner vers son fils, ce dernier étant toujours protégé du vide – de l’autre côté – par une barrière de coussins. Passant son bras autour de lui afin de se rassurer de sa présence, tout en lui offrant ainsi toute sa tendresse maternelle, Ludmila ferma finalement les yeux, bien qu’elle ne reste aux aguets d’une quelconque sonnerie de la part de son téléphone, alors posé sur sa table de chevet.

    Je suis désolée pour cette journée, mon petit Amour.
    Je ne sais pas encore, quand nous pourrons retourner à la maison, tu sais ?
    Peut-être devras-tu finalement y retourner seule, retrouver ta maman, qui sans doute souffre déjà tant de ton absence. Mais je suis là – ce soir – tu vois ? Et pour la toute première fois, je te permets de rester ici, à dormir contre moi. Mais c’est une exception, tu sais ? Oublions ce principe, pour une fois. J’ai besoin de toi.

    -

    Et toi, mon Amour.
    Bientôt ton frère sera auprès de toi.
    Bientôt, je pourrai à nouveau respirer, sereine.
    J’ai besoin de te savoir en sécurité.

    Il te dira alors, que je t’ai caché cette maladie, durant plus d’un an.
    Il te le dira, et je ne pourrai qu’en être soulagée – au fond.

    Tu me détesteras,
    Et Dieu sait, comme cela me torture, par avance.

    Pardonne-moi.



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Dominura Romley
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MessageSujet: Re: # Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]    Sam 28 Mai 2011 - 17:15

    ~ Alors que Claude gardait ses yeux profonds rivés sur la jolie Ludmila, cette dernière se déchargeant quelque peu sur lui de ses multiples émotions et ressentis, il ne put que se révéler attentif et présent, malgré ses propres songes qui lui rongeaient les sangs. Inévitablement, l'envie de rejoindre sa sœur se faisait de plus en plus présente, rendant chaque minutes plus difficile à supporter que la précédente, malgré la présence de la conjointe de cette dernière. Non pas qu'il trouvait ennuyeuse la situation ou bien qu'il cherchait fuir la jeune psychologue, loin de là... Mais savoir sa chère sœur seule dans son appartement le rendait quelque peu nerveux, presque impatient de la retrouver, surtout avoir appris une telle nouvelle de la bouche de cette personne qui avait pourtant tant fait le bonheur de cette dernière. M'excuseras-tu, Ludmila, de te laisser avant l'heure, moi, qui pourtant, t'as promis que je pourrai rester ici, à veiller sur ta personne tout comme celle de mon neveu ?

    Je voudrais, pouvoir faire tant de choses pour vous.
    Mais... Dominura a besoin de moi, n'est-ce pas ?

    Elle a besoin de toi, également.
    Mais puisque tu ne peux pas, en cet instant, lui offrir ton attention, ton amour...
    Je me dois, en tant que frère, lui montrer mon soutien.

    Je dois... Être là pour elle.

    M'en voudras-tu, si je te laisse en compagnie de ton enfant, du sien ? Sauras-tu te débrouiller seule ? Je n'en doutes finalement pas, puisque je te le demande clairement, prêt à rejoindre Dominura. Et mon cœur bat encore, si vite dans ma poitrine tandis que je ne le montres pas : Dans quel état vais-je seulement la retrouver ? Sera t-elle déjà trop anéantie par votre soudaine séparation, par ta vive fuite, pour que j'aie la force de lui parler de cette terrible nouvelle qui la concerne tant et tant ?

    Je ne te caches pas, que j'ai peur.
    Oui, malgré ma condition d'homme fort et serein, en cet instant, une certaine angoisse me gagne, tandis que je te regarde toujours, t'effondrer mais toujours droite, te prenant la tête dans tes mains. Que puis-je seulement faire de plus, sinon te promettre que je t'enverrai des nouvelles dès que possible ? Je comprends alors, que tu me laisses partir. Je comprends, ton désir de me savoir auprès d'elle.

    Tu es quelqu'un d'honorable, Ludmila. Le sais-tu seulement ?
    Peut-être ne te l'as t-on sans doutes pas assez laissé entendre.
    Tout le monde, fait des erreurs.
    Tout le monde, aimerait pouvoir changer ses réactions, son comportement.
    Mais au fond, tu es quelqu'un de bien.

    Ne demeures pas sur des regrets.
    Va, de l'avant,
    Je te fais confiance,
    Tout comme je ne doutes pas un instant de celle de Dominura à ton égard.

    Je connais bien ma sœur. Crois-tu vraiment, la connaissant, qu'elle t'aurait ainsi laissé partager sa vie, qu'elle se serait engagée à avoir un enfant avec toi, si elle ne te vouait pas un profond amour et une toute aussi grande confiance ? Peut-être en doutes tu, parfois. Mais sache bien, qu'elle ne s'était ainsi jamais autant ouvert à personne, pas même à celui qui fut son mari.
    Tu es en droit, de savoir.
    Ne te laisses pas abattre. Si elle t'en voudra sans doutes de premier abord, elle finira par te pardonner. Dominura, n'est pas si mauvaise. Elle saura, faire la part des choses, se poser les bonnes questions, gardant tout son amour pour toi, plus puissant que tout.

    ~

    Raccompagnant alors Ludmila et le petit Edan jusqu'à la chambre de la jeune femme, prenant bien garde à ne pas brusquer le petit garçon qui se trouvait toujours dans ses bras – Somnolant – le jeune Romley finit par prendre congé du petit duo éreinté par les évènements et la situation, ne manquant pas de montrer à la charmante blonde qu'elle pouvait compter sur lui, quoiqu'il puisse arriver. Lui offrant une dernière bise, s'assurant que l'enfant était entre de bonnes mains tout en attribuant une confiante sereine à Ludmila, il tourna alors les talons, quittant la pièce puis l'hôtel lui-même, saluant sobrement les hôtesses d'accueil qui lui souhaitèrent une bonne soirée.

    Bonne soirée ?
    Hmh. Rien n'était moins sûr. Et pourtant, bien qu'il redoutait l'évolution de cette dernière, il ne pouvait alors qu'éprouver un fin soulagement à se dire qu'il verrait très bientôt sa sœur.

    Sans... La prévenir ?
    Il le fallait bien. Après tout... Elle n'avait jamais eu de mauvaise surprise, à le voir ainsi débarquer à l'improviste dans sa vie. Serait-ce alors quelque chose de négatif ? Certainement pas. La jeune femme devait tristement avoir besoin de compagnie, afin de se changer les idées, pouvoir se reposer sur quelqu'un. Ce fut donc sans une once d'hésitation que le jeune homme prit le premier taxi qu'il croisa, lui indiquant l'adresse exacte de sa sœur, d'ailleurs rappelée par Ludmila quelques longues minutes auparavant.

    ~

    Le trajet en taxi fut sans doutes l'un des plus longs qu'il n'eut jamais vécu, étrangement.

    ~

    Le code de l'immeuble en tête, Claude put très facilement entrer dans le bâtiment, montant rapidement les marches de la cage d'escalier, rejoignant bien vite le palier sur lequel donnait normalement l'appartement de Dominura. Hésitant un instant entre frapper quelques coups à la porte ou appuyer sur la sonnette, il choisit finalement la méthode douce, ses phalanges claquant doucement contre le bois verni qui s'offrait à lui.

    Tock Tock Tock~

    Un instant, puis deux. Une minute d'attente ? Aucune réponse. Pinçant ses lèvres entre elles tout en rappuyant sur le bouton de la lumière de la cage d'escalier – Cette dernière s'étant éteinte durant son temps de patience – le jeune Romley rajusta finalement ses lunettes sévères, regardant autour de lui. Un nouvel essai ? Pas la peine. Il savait très bien que, dans un silence tel que celui-là, si Dominura avait voulu ouvrir, elle serait venue d'elle-même, sans attendre. Prenant une inspiration calme afin de se redonner une once de courage, il appuya – Comme d'un tendre hasard – sur la poignée de la porte, haussant les sourcils en remarquant que cette dernière n'était pas verrouillée.

    Dominura était donc bien présente.

    Ouvrant lentement la porte, il entra finalement dans l'appartement, sans s'annoncer, prenant pourtant la peine, par sécurité, de tourner la clef dans la serrure une fois à l'intérieur, histoire de ne pas laisser sa sœur sous le danger d'une visite impromptue autre que la sienne. Mais, alors qu'il se retrouvait dans l'appartement, toutes les lumières étaient... éteintes. Fronçant les sourcils, se demandant si sa sœur dormait déjà – Impossible, vu l'heure ainsi que les habitudes de Dominura – il avança alors, un bruit de verre craquant sous son pied. Sursautant doucement tout en ôtant sa chaussure de là, il se pencha, ramassant un petit cadre qu'il connaissait bien, relevant ce dernier jusqu'à ses yeux, l'inclinant jusqu'à ce que les rayons de la lumière extérieure en éclaire le contenu.

    Son sang, alors, ne fit qu'un tour :
    Édouard.

    Posant rapidement le cadre brisé sur le petit meuble qui se retrouvait à côté de la porte, son rythme cardiaque s'accélérant en une angoisse certaine, l'homme s'aventura dans l'appartement, visiblement très soucieux, sa voix, cette fois, claquant avec détermination et peur :


    « Dominura... ?! »


    Je t'en prie, dis-moi, que tu es là. Laisse-moi voir, un signe de vie. S'il te plait...

    Se rendant en vitesse au salon, Claude laissa ses doigts masculins passer sur l'interrupteur, éclairant alors la pièce sombre, découvrant un véritable carnage. Au sol, des livres, des papiers, de nombreux débris de verre et de cadres, un album photo lancé sans vergogne. Des bibelots, des morceaux de vase... Son souffle se coupant à cette vision, il fit alors volte-face, passant dans toutes les pièces de la maison, sans trouver le moindre signe de la présence de sa sœur.

    Tap Tap Tap Tap

    Dominura,
    Bon Dieu, Dominura, mais où es-tu ?!

    Tap Tap Tap Tap

    Entrant brusquement dans l'atelier de la jeune femme, ce dernier n'étant éclairé que par la lumière artificielle des lampadaires du bas de l'immeuble ainsi que celle de la lune seule, il se retrouva alors nez à nez avec une Dominura anéantie et vidée de toutes émotions, assise sans but sur le sofa de la pièce de création. Leurs regards se croisèrent.


    « Claude~ »

    Se ruant vers sa sœur, l'homme la força à se relever, à la fois soulagé et terriblement inquiet. Mon dieu... Dominura... Tu es saine et sauve ! … Une fois face à elle, il enlaça ses épaules frêles de ses bras masculins, l'encadrant de son aura rassurante, tandis que la jeune femme posait sa tête sur son épaule, visiblement détruite, sans pourtant plus une trace de sa tristesse pure. Elle semblait, comme morte, âme vague et sans réelle vie, sans lueur, sinon celle du désespoir, de l'abandon.

    Cessant ce contact pour se retrouver face à sa sœur, captant son regard, le jeune homme laissa entendre, d'une voix calme mais tiraillée, profonde, sérieuse, ses yeux brillants menaçant de laisser couler quelques signes de son infinie tristesse :


    « Dominura... Je suis venu aussi vite que j'ai pu. Je viens d'apprendre une terrible nouvelle... »


    Relevant les yeux vers lui, Dominura garda le silence, son visage ne laissant paraître aucune émotions, malgré son pincement de lèvres qui laissait alors paraître une certaine humanité, une douce peine et une toute aussi attendrissante curiosité de la pénitence. Claude, passant ses mains massives sur le haut des bras de sa sœur, laissa alors sa voix passer, en un murmure déchiré :

    « Les médecins t'ont diagnostiqué la maladie d'Alzheimer~ »


    Les lèvres de la grande femme s'entrouvrant alors, les larmes ne mirent pas grand temps avant de monter jusqu'à ses yeux sombres et brillants, coulant alors avec force de long de ses joues, lui coupant toute possibilité de laisser entendre quoi que ce soit. Un léger spasme, un sanglot.

    Se rapprochant de son frère, elle se blottit alors contre son torse, déposant son torse contre ce dernier tout en fermant les yeux avec force, pleurant dans un terrible silence, toutes les larmes de son corps, ses poings se refermant contre la poitrine de Claude.

    Et je dépose, cette main contre l'arrière de ta tête,
    Comme pour te préserver de ces horreurs,

    Si je ne puis rien faire,
    Je te protégerai toujours,
    Petite sœur.

    Je serai toujours là.
    Ne sois qu'amour.
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# Isn't It Strange - ? - [PV Dominura]
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